samedi 1 mars 2008

15 h, mercredi dernier. J'arrive en gare de Quimper. Je descends du car et me dirige vers le kiosque à journaux. Devant celui-ci, un banc, et assis dessus, un jeune homme prostré. Il me paraît dormir, mais lorsque je le croise, je remarque des choses à terre entre ses pieds : des frites écrasées et des copeaux de viande. Probablement des restes de sandwich grec.

Interloqué, je passe à côté de lui. La fatigue devait l'accabler, à devoir dormir ainsi sur ses genoux, coupé en deux. Un sac de voyage était posé au sol contre le pied du banc.

J'achète mon Canard enchaîné, comme toutes les semaines. J'en fais presque un geste civique, accentué par le fait que c'est un vrai plaisir de le lire, malgré les horreurs qu'on y déniche. Le slogan de l'Humanité est « Dans un monde idéal l'Humanité n'existerait pas ». Personnellement, il s'applique bien mieux au Canard. [Tandis que Charlie Hebdo part dans une dérive autocratique, avec le licenciement abusif de Siné... 18/07/08] Fin de la parenthèse.

La vendeuse, que j'ai interrompu dans ses débalages de magazines, a aperçu mon coup d'œil prononcé vis-à-vis du jeune ; cependant elle ne bronche pas. Son territoire se limite au kiosque. Quelque part, ça se comprend. Elle doit en voir de belles avec les sans-abris qui se réfugient dans le hall d'entrée, parfois. La gêne venait du contraste entre l'aspect propre sur lui du jeune et du foutoir alimentaire entre ses chaussures.

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