mercredi 13 février 2008

Désolé chers lecteurs, le « feuilleton » de Gaya s'arrête au septième épisode. Je comptais au préalable terminer au neuvième ; force m'est de reconnaître avec humilité (bien que n'ayant pas affiché de prétention au départ) qu'il me manque encore beaucoup de notions philosophiques pour que j'avance.

Vous me direz que cela n'empêche pas d'écrire : certes, mais en ce qui me concerne, si je n'ai pas en ma possession suffisamment de points d'ancrage en arrière-plan, je me sens bloqué. Je pourrais continuer à raconter les pérégrinations de ma « jeune héroïne » ; cependant, ne pas avoir en filigrane les messages idéels que je souhaite passer agit tel un frein. Je suis exigeant, mais je veux un fond qui tient, qui soit solide et ferme.

En lisant La philosophie pour les nuls (il y a un début à tout :oD ce n'est pas le premier livre de philosophie que je lis, tout de même), j'ai trouvé certains échos dans mon texte de maîtres à penser. Ce serait long et fastidieux à tout retranscrire (surtout que j'ai des choses plus intéressantes à faire, je laisse le soin aux futurs chercheurs qui n'auront rien d'autre à faire de s'y atteler ;o) ), je peux néanmoins dire qu'il est question du temps, de l'empirisme, des monades de Leibniz (encore que différent, et que vous n'avez pas pu lire), et j'en oublie.

Je n'ai pas l'impression de trancher non plus entre l'inné et l'acquis. Qu'est-ce qui fait la part de l'un et l'autre, sachant que je ne connais pas moi-même l'origine de Gaya ? Dès le départ, elle sait tout, donc ne sait rien. Elle ne sait pas qu'elle ne sait pas. Le premier doute arrive lorsqu'elle ne saisit pas la mécanique parfaite de l'ordonnancement du monde qui l'entoure. C'est la tache d'huile de l'ignorance qui s'imprègne dans la conscience, et qui s'étendra ; à cela on peut mettre en corrélation la goutte d'eau qui « active » la jeune fille (ou androgyne pour les puristes).

J'ai aimé la correspondance entre l'écorce de l'arbre et l'enveloppe neuve de Gaya. Nos cicatrices forment et forgent nos personnalités, ce sont les preuves de notre histoire propre. C'est ce que l'on appelle tout simplement l'expérience. Lorsque j'ai rédigé cette partie, j'ai senti au départ que je l'avais situé trop tôt dans le cours du récit, mais je me suis ravisé en ruminant cette idée : l'arbre en lui-même est un repère dans le temps pour Gaya, à double titre. D'une elle se réveille à son pied, de deux il n'est pas un aboutissement en tant que tel, mais un exemple de ce que l'on peut devenir après des années. Indirectement c'est ce message qui passe, comparativement à Gaya qui démarre dans sa vie.

Cette notion de l'histoire est un thème fort et sous-jacent à ce périple. Un arbre est un témoin du temps qui s'écoule : ce symbole qu'est l'arbre aura une place importante dans ma cosmogonie, pas seulement pour celles évoquées.

L'être que représente Gaya détiendra une place centrale dans cette même cosmogonie. C'est pour cette raison que je la traite avec une infinie rigueur. Si je rate un événement, cela peut avoir des conséquences désastreuses sur la suite. Le grain de sable qui peut tout faire valdinguer...

Cette image du grain qui grippe la machine n'est pas complète par rapport à ce que je veux insinuer. Je ne me souviens plus quel philosophe expliquait que nous, êtres humains, sommes juste le fruit d'une rencontre qui s'est jouée sur un détail aussi insignifiant que décisif qu'un simple coup d'œil, par exemple, ou une parole empreinte d'un lyrisme particulier résonnant aux oreilles d'autrui, ou que sais-je encore. Chacun d'entre nous est le résultat d'une union basée sur un petit truc qui a fait pencher la balance, et rétrospectivement, ce fut également le processus pour nos parents, et nos grands-parents, ainsi de suite. Notre existence ne tient qu'à peu de choses. Eh bien il en va de même pour mon personnage : si je dénature un fait en le retranscrivant de façon erronée, les conséquences en seront amplifiées par l'œuvre du temps. Je parais forcer le trait, il n'en va pas autrement malgré tout.

Je souhaite atteindre une certaine justesse psychologique au travers de mes personnages. J'y mettrai le temps (décidément !) qu'il faudra. Croyez-moi, j'ai vraiment une impatience qui me taraude, celle de vous montrer de quoi je suis capable en littérature, mais pour cela, pour le concrétiser, il me faut nécessairement passer par l'apprentissage effréné de pensées. Je n'ai que vingt-quatre ans, après tout...

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Yohann ©®™☺☼♥♫≈(2003-2009)