jeudi 29 janvier 2009

Défouloir

Casse-toi pauv' con !

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lundi 19 janvier 2009

Le Chat de Pluguffan

En ce temps-là, la famine sévissait partout en Basse-Bretagne.

Partout, sauf... à Pluguffan.

Il y avait en effet un chat qui, installé sur le porche granitique à l'entrée du cimetière, avait une vue sur toute la commune, et rien n'échappait à ses griffes, pas le moindre mulot se faufilant dans les champs. Car il s'agissait bien de ces rongeurs, pullulant, dévastant les cultures telles les sauterelles en Australie, qui causaient la famine. Mais à Pluguffan le matou veillait, et tandis que les campagnes alentour subissaient la famine, les Pluguffanais survivaient.

La rumeur du félin redoutable prédateur atteignit la commune voisine bigoudène de Pouldreuzic, mais leurs habitants, bien que souffrant terriblement d'inanition, pour une question de fierté ne souhaitèrent pas s'abaisser à quémander une aide extérieure, encore moins originaire d'un territoire glazik. Cependant, un groupe de jeunes, l'estomac grondant, ravalant leur fierté, se mirent en route afin de ramener en prêt le chat fantastique.

Ils butèrent face au refus unanime des Pluguffanais qui ne voulaient pas le retour de la vermine sitôt le chat parti. En plus de la rivalité glazico-bigoudène ancestrale, les Pluguffanais se rappelaient les charrettes de Pouldreuzic remplies de carottes, alors que cette culture n'avait pas du tout cours à Pluguffan, les Bigoudens traversant la bourgade d'un air narquois.

Rentrant bredouille, la troupe informa du refus du prêt du chat au reste de la population de Pouldreuzic. Dans un premier temps, les jeunes hommes échafaudèrent la capture du félin, mais anticipant des griffures terribles promises lors de l'enlèvement, en occultant la difficulté de se saisir de l'animal, en hauteur sur le porche, ils abandonnèrent cette idée. Puis le plus malin d'entre eux eut à l'esprit une idée plus mesquine, qu'il partagea avec ses acolytes.

Ils attendirent une nuit noire, de nouvelle lune, pour se faufiler dans Pluguffan. Le chat, du haut de son perchoir, n'eut aucun mal à les repérer, riant sous cape, les yeux plissés, de la tentative d'approche qui s'annonçait calamiteuse. Ce qu'il ne vit pas, derrière lui, c'est le jeune malin, perché sur les épaules d'un deuxième homme, qui, ciseaux en main, lui coupa soudain la queue !

Car il est connu qu'un chat déduit de sa queue n'est plus que l'ombre du chasseur qu'il fût.

Aujourd'hui encore, à Pouldreuzic, on dit d'un gars débrouillard qu'il est « capable de couper la queue du chat de Pluguffan ».

dimanche 18 janvier 2009

Repas de Yoyo :

- Apéritif : kir breton
- Entrée : foie gras confiture d'oignons et toasts (ou galette de Saint-Jacques à l'huile de noisette au Noilly Prat) ;
- Plat : magret de canard aux morilles (ou filet de rouget à l'oseille) ;
- Chèvre chaud au miel ;
- Dessert : aumonière de mousseline de chocolat aux griottes sauce fondante au caramel.

Parfaitement malsain.

(Je vous conseille L'Air du Temps, le resto de l'aéroport de Quimper - Cornouaille !)

samedi 17 janvier 2009

Repas de Ned :

- tranches de pain recouvertes de fromage à raclette passées au micro-ondes
- escalope de dinde allègrement roussie à l'huile d'olive, puis dégustée avec de la mayonnaise
- deux tartines de terrine campagnarde
- boisson : soda au cola

Parfaitement équilibré.

vendredi 16 janvier 2009

En direct de Mars

Sur une image fournie par la Nasa, Mars révèle une activité saisonnière à propos d'émissions de méthane. Pour illustrer l'importance de cette découverte, les émissions de méthane sur Terre sont ventilées à 90 % par les êtres vivants, le reste par l'activité géologique.

Cette image démontre par conséquent que Mars réserve une activité géologique ou bien biologique, ce qui constituerait peut-être la première véritable preuve d'une vie extraterrestre. Cependant, s'ils s'agit d'une activité biologique, alors ces spécimens doivent se situer très en profondeur, là où de l'eau serait à l'état liquide.

Au final, c'est une bonne nouvelle, car il est désormais certain que Mars est toujours une planète en activité.

samedi 10 janvier 2009

Habanera - Georges Bizet

L’amour est un oiseau rebelle
Que nul ne peut apprivoiser,
Et c’est bien en vain qu’on l’appelle
S’il lui convient de refuser.

Rien n’y fait, menace ou prière.
L’un parle bien, l’autre se tait.
Et c’est l’autre que je préfère.
Il n’a rien dit mais il me plaît.

L’amour ! L’amour ! L’amour ! L’amour !

L’amour est enfant de Bohême,
Il n’a jamais jamais connu de loi.
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime.
Si je t’aime, prends garde à toi !

Si tu ne m’aimes pas, si tu ne m’aimes pas, je t’aime,
Mais si je t’aime, si je t’aime, prends garde à toi !

L’oiseau que tu croyais surprendre
Battit d’aile et s’envola.
L’amour est loin, tu peux l’attendre.
Tu ne l’attends pas, il est là.

Tout autour de toi, vite vite,
Il vient, s’en va, puis il revient.
Tu crois le tenir, il t’évite.
Tu crois l’éviter, il te tient.

L’amour ! L’amour ! L’amour ! L’amour !

L’amour est enfant de Bohême,
Il n’a jamais jamais connu de loi.
Si tu ne m’aimes pas, je t’aime.
Si je t’aime, prends garde à toi !

Si tu ne m’aimes pas, si tu ne m’aimes pas, je t’aime,
Mais si je t’aime, si je t’aime, prends garde à toi !

jeudi 1 janvier 2009

Ce message est programmé à l'avance, dans la mesure où au moment même de sa parution, je devrais être en train de baver sur un oreiller, à Rennes ; ou peut-être pas ?

Bloavezh mad, bande de moules.
Cette année sera placée sous le signe de la littérature (que celui qui a dit encore, sorte), à l'heure où selon une étude parue sur le site bibliofrance, 39 % des foyers possèdent au minimum 100 livres, que 156 bouquins ornent en moyenne la bibliothèque familiale (je viens de mettre quasiment autant de ma bibliothèque au grenier, parce que chez mes vieux, vous ne trouverez aucune bibliothèque exceptée dans ma piaule) et qu'il constitue le bien culturel le plus acheté l'an dernier.
Étrangement, 38 minutes par jour sont consacrées à la lecture, contre les trois heures et sept minutes passées devant la télévision.
Snif ! Snif ! Je sens comme un remugle de fumisterie...
Surtout qu'il n'est pas précisé si ce temps de lecture inclus celui des journaux.

Je me suis engagé dans l'écriture d'un texte pour le concours de nouvelles le plus prestigieux de France, pour les jeunes, le PJEF. Le thème de ce texte sera le récit de mes récentes journées de travail en tant que déménageur ; d'où l'absence récente de nouveaux textes. Et je participerai à d'autres concours de nouvelles. Je me sens suffisamment d'attaque.

Bien.

Encore bonne année.

mardi 16 décembre 2008

J'ai arrêté de diffuser les Intermédiaires car je n'en avais pas écrit davantage... Non, c'est plus nuancé. Il y en a deux de plus, sauf que le premier je le réserve pour un concours littéraire, ce qui m'interdit d'office de le publier avant son hypothétique parution dans le magazine qui organise ce concours (le Magazine littéraire, en l'occurrence), et le deuxième je le laisse au chaud.
Intermédiaires étant un nom intermédiaire. J'ai réfléchi à un nouveau concept. Les prochains textes, qui ne paraîtront pas ici sont en général bien plus longs que ce à quoi je m'attendais, de prime abord. En effet, le but originel des Intermédiaires était de composer 108 textes dans lesquels je m'imposais trois contraintes : d'une, ne pas dépasser le recto d'une page quadrillée à petits carreaux ; de deux, utiliser un pont, un tunnel ou tout moyen de traverser ; de trois, faire mention d'un oiseau, ou de tout objet capable de voler.
Plus le projet avançait, plus il devenait difficile d'accéder surtout à la première contrainte de mon tacite cahier des charges ; je dépassais la page et demie, bien plus encore pour les XXVII ou XXIV, par exemples. J'en ai écrit 36 (je compte le VII, bien qu'il devienne un inédit puisqu'il interfère avec un futur texte plus ambitieux), il en reste neuf à rédiger avec ces mêmes ingrédients (longueur, pont, oiseau, même si la longueur sera mise à mal), et neuf autres qui n'auront pas grand-chose à partager avec les actuels ; sauf bien sûr au sein de ce nouveau concept...

mercredi 3 décembre 2008

Intermédiaire XXXIV

Un mardi d'été semblable aux autres. Annemiggeli revient du marché artisanal qui se tient au marché couvert de la Grenette à Saint-Claude. Jeune femme célibataire, elle est encore un peu sous le choc de sa récente séparation. Le marché lui donnait l'occasion d'écarter temporairement ses tracas sentimentaux.

Ce fut un émerveillement pour les yeux, comme d'habitude. Les artisans étalaient leurs œuvres décoratives : des briques romaines peintes, des morceaux de bois transformés en stylo ou en corbeille de fruits, des chandelles de toutes les formes et de toutes les couleurs ; Annemiggeli s'en est procurée deux, ainsi que deux pots de confiture (framboise et griotte). Être entourée de monde et s'immerger dans le bruit de la foule l'avait distraite et réchauffée.

Elle progressait vers la rue Édouard Branly, quand elle appréhenda un homme, au croisement de la rue des Étapes et de la rue Carnot, qui prenait en photo le trompe-l'œil représentant l'ancien pont suspendu. Elle le scruta, se déplaçant sur l'autre trottoir, croyant au fond qu'en agissant ainsi, il allait se retourner vers elle. Il était tellement absorbé dans son occupation ; il ne la regarda pas et, ses fantasmes évaporés, elle passa son chemin, la tête nébuleuse.
*

Denis collectionnait les photos des trompe-l'œil. Malgré tous les cerveaux qui y étaient déployés, le Cercle des Amis du Grec Ancien de Dammarie-sur-Essonne lui-même n'avait pu lui donner le nom attribué aux collectionneurs de cette catégorie. Il utilisait ses week-ends et ses vacances tout à sa passion ; une manière détournée de révéler son célibat endurci.

La veille au soir, en s'arrêtant au bord de la route afin de soulager une alarme naturelle, il avait fait fuir un tétras lyre ; sûr qu'un de ses amis du Cercle aurait sorti une bonne plaisanterie. Il nota qu'il faudrait qu'il s'arrête à un restaurant, histoire de découvrir un plat avec ce volatile dans l'assiette, pour avoir un aperçu de la gastronomie locale.

On lui avait fourni une indication au village de Saint-Claude sur un trompe-l'œil, rue des Étapes ; c'est son mode opératoire, questionner les gens dans chaque commune qu'il explore. Cette fois, c'était un pont ; on trouve beaucoup de trompe-l'œil sur et sous les ponts, rarement qui en reproduisent. Celui-ci avait une belle teinte digne des cartes postales de l'ancien temps ; l'autre partie du travail, tout aussi difficile, consistait à fournir une légende détaillée. Ce pont-ci ne ressemblait pas à celui qu'il voyait enjamber la vallée du Tacon ; du travail en perspective.

Denis sentit une pique à la base de sa nuque ; il jeta un coup d'œil à droite et à gauche : seule une jeune femme en jupe et portant un panier s'éloignait. Il se massa négligemment l'endroit qui le démangeait – un quelconque insecte avait dû se cogner – et il reporta son attention sur la peinture.


N.B. : la possibilité du jeu de mots du CAGADE était une indication subtile pour un jeu de mots bien réel : phantasma (φαντασμα) signifie trompe-l'œil !
Oui, ce journal électronique recèle de textes qui sont malgré tout ma propriété. Si vous souhaitez en utiliser un, contactez-moi grâce à l'adresse suivante : sacred.fire.blogspot@gmail.com
Merci !
Yohann ©®™☺☼♥♫≈(2003-2009)