« Cela signifie que l'on a fait passer sa propre vie au second plan, que quelque chose a si fortement happé l'attention qu'elle en a décoloré tout ce qui vous entoure ; voilà ce que j'appelle une conduite extrême. »
Déstabilisé, l'autre valse des pieds, tricote des doigts et roule des yeux.
« Comment voulez-vous que j'arrête le chocolat ?! »
(FiN)
lundi 9 juin 2008
« Mourir d'un fou rire, s'éteindre en faisant l'amour, disparaître pendant son sommeil : pour soi, ce sont des fins sublimes ; le suicide, non. »
« L'amour, la vie, l'amour de la vie sont des notions inestimables (quoique j'en doute parfois pour nos jours), de toute beauté. »
« Lorsqu'on se suicide, le message envoyé est que l'on a perdu le goût en elles, on a renoncé à percevoir et recevoir le beau en elles ; ce qui est terrible. »
dimanche 8 juin 2008
« J'aime le beau ; la laideur n'est-elle qu'une appréciation du beau, alors certaines laideurs sont magnifiques. »
« Se placer en équilibre promet un va-et-vient salutaire entre les autres positions ; le piège est de ne pas se sentir tiraillé entre elles et de paraître opportuniste. »
La tiède humidité ne permettrait pas un séchage rapide ; les vêtements collaient à la peau, mais qui s'en souciait ?
« L'équilibre n'est pas synonyme d'immobilisme ; la stabilité n'empêche aucunement d'évoluer. »
vendredi 6 juin 2008
« Que dois-je faire : avaler sans discuter ce que j'entends, ou mettre tout systématiquement en doute ? »
La pluie n'avait pas chassé cette brumeuse cristallisation atmosphérique qui en aurait dérangé plus d'un.
« Le problème est la dichotomie que les hommes appliquent indifféremment à n'importe quel type de sujet, ou de questionnement. »
jeudi 5 juin 2008
« La nuit rend le monde cotonneux ; toute idéologie - religieuse, sociale, économique... - et ses médiats insufflent du chloroforme dans le cerveau des gens. »
« Les extrêmes ne payent qu'en violence. »
« Les traditions héritées deviennent tout aussi intransigeantes, alors qu'elles devraient tenir lieu de repères pour, paradoxalement, s'émanciper. »
mercredi 4 juin 2008
« Si je voulais être sévère, j'argumenterais dans le sens qu'une croyance est une forme de paresse, nous interdisant de réfléchir par nous-mêmes. »
« Entre faire confiance et devenir crédule, il y a un choix de vie à effectuer. »
La pluie s'éloignait, fredonnante ; elle ne lave rien, elle déplace.
mardi 3 juin 2008
« "Croire n'est pas penser", ai-je l'habitude d'affirmer ; le problème étant : tu t'appuies sur les croyances d'autrui pour en former des propre à ta personne, ces individus s'appuient ensuite sur les tiennes, formant un cercle de croyances. »
« La question se résumerait donc à : "Qui veux-tu croire ?" »
« Pas tout à fait, elle serait plutôt du genre "Si ce n'est par la pensée, à quel moment naît la croyance ?" »
lundi 2 juin 2008
Tandis que l'eau crépite sur leurs épaules, le tambour cardiaque résonne plus profondément.
« Parfois, chercher est épuisant, s'abandonner est reposant ; ce n'est pas l'idée d'une défaite, c'est un rebond. »
La figure dégoulinante, l'autre acquiesce ; il passe une main sur son visage, envoyant valser d'innombrables projectiles.
dimanche 1 juin 2008
Les premières gouttes s'impriment telles des taches de rousseur sur la terre.
Une odeur fraîche s'élève du sol au moment où celui-ci paraît avoir suffisamment bronzé.
Le murmure de l'averse ruisselle, emportant les débris spirituels.
samedi 31 mai 2008
« Une piste dans les hautes herbes : voilà tout ce à quoi il faut s'attendre. »
« Doublée d'une immense partie de cache-cache. »
La joie illumine leurs visages, terrasse leur fatigue ; ce sont des rides d'un genre à part.
vendredi 30 mai 2008
« Aussi âgée qu'une fougère, aussi fringante qu'une ortie, aussi coupante qu'une oyat doit être ta vivacité d'esprit. »
Chatouiller est le propre du contact ; une démangeaison tenace lui titillait le fond de la pensée.
« Deux papillons qui batifolent : y a-t-il mieux auquel on peut sans peine se comparer ? »
jeudi 29 mai 2008
Ses lèvres se retroussent en un sourire plus prononcé, impression marquée par l'ombre engendrée aux commissures ; il s'efface bien vite.
« Apprendre est un verbe galvaudé, de nos jours ; je suis heureux d'apprécier à nouveau l'éclat de son effet dans les paroles d'autrui. »
Le silence est une vertu qui se jauge à l'aune de nos réflexions ; le temps y est hors de propos, importun.
mercredi 28 mai 2008
« Ensuite, naturellement, elles vont se graver sans douleur en toi, au plus profond car tu y auras prêté davantage attention qu'à l'accoutumée ; elles te forgeront, oh, finement, irrémédiablement, transformant tes perceptions. »
L'autre sentit le sang lui battre sensiblement les tempes encaissant les chocs.
« Personne n'est le dernier, tout le monde croit être le premier : me trompé-je ? »
mardi 27 mai 2008
« Je ne pense pas avoir tout saisi ; certaines phrases restent bien mystérieuses, parfois le son, parfois le sens ; et par certains côtés, je fus séduit. »
Il ne dit mot, tout juste accrue-t-il sa vue en baissant piano ses paupières.
« Chaque mot a une histoire ; chaque phrase a une histoire ; ce qui t'a touché n'est autre que la réponse musicale qu'a pu interpréter ton esprit envers l'histoire que tu as donnée à chacune des phrases entendues. »
lundi 26 mai 2008
Fraise, framboise, fromage : ne pas chercher l'intrus.
Un grain de poussière qui flamboie, c'est une étoile filante ; une planète qui rougeoie, c'est Mars qui enchante.
Qui traîne la jambe médit son pied.
dimanche 25 mai 2008
Confondre une edelweiss avec de la neige ; autant confondre le chant des baleines avec un sonar.
Toutes les nuits, on ricoche sur le sommeil ; jusqu'à la dernière.
Une galaxie, c'est comme deux œufs au plat l'un contre l'autre ; de là l'origine du respect pour la cuisine.
samedi 24 mai 2008
Le passé peut être source d'enrichissement, d'emprisonnement et d'empoisonnement : prends le pétrole.
Traverser la toundra, c'est comme passer ses doigts sur un crâne chauve ; on s'aperçoit soudain que la Terre est ronde !
Aux meilleures choses, il est plus aisé d'y trouver une fin qu'un début.
vendredi 23 mai 2008
Plus c'est fort, plus c'est fou, plus c'est faux.
L'unique désert où la désolation seule vainc est de type religieux.
Marcher sous la pluie ensoleillée, cheminer sous la Voie Lactée : quelle est la différence ?
jeudi 22 mai 2008
L'amour rend aveugle, le soleil également ; l'amour détruit, le soleil aussi ; l'amour révèle, le soleil de plus belle.
La glace qui fond rejoint la mer des larmes : il n'existe pas de glace qui soit éternelle.
Les nervures de la feuille sont les lignes de la main.
Un idiot. Un tête-en-l'air. Un incompris. Un drôle (très critique envers la représentation humoristique). Un dubitatif profond. Un grand romantique. Un effrayé du téléphone. Un amoureux des beaux et bons livres. Un esthète. Un garçon éclectique. Un Breton.
Livre du chevalier Zifar, Anonyme Le Lièvre de Vatanen, Arto Paasilinna Perdido Street Station, China Miéville Le Grondement de la montagne, Yasunari Kawabata Autoroute, François Bon Pedro Páramo, Juan Rulfo Mémoires de porc-épic, Alain Mabanckou Comment cuisiner son mari à l'africaine, Calixthe Beyala Sur la route, Jack Kerouac Une vie à coucher dehors, Sylvain Tesson La Vie sexuelle des grands écrivains, Marc Lefrançois Journal japonais, Richard Brautigan Journal d'Aran et d'autres lieux, Nicolas Bouvier