Il y a tout juste 60 ans, la première explosion nucléaire déchirait le ciel d’Alamogordo, au Nouveau-Mexique, à l’aube. Kenneth Bainbridge, responsable des essais, souffle alors à l’oreille de Robert Oppenheimer : « A partir de maintenant, nous sommes tous des fils de pute. »
Ce succès marque l’aboutissement du projet Manhattan (Manhattan Engineer District), un des plus ambitieux projets militaro-scientifique et industriel de l’histoire. Il ne faut oublier qu’au départ, ce projet naît d’une volonté commune des physiciens de contrecarrer le nazisme. Ceux-ci se sont exilés aux Etats-Unis, et Enrico Fermi (physicien italien) y rejoint Albert Einstein et d’autres confrères.
Albert Einstein n’a pas participé au projet, il l’a soutenu. En 1939, déjà fort d’une notoriété considérable à l’époque, il écrit une lettre au président Roosevelt pour mobiliser la classe dirigeante autour de la nécessité de fabriquer la bombe atomique. Il a beau être profondément antimilitariste, il prévient du formidable danger à voir l’Allemagne nazie disposer d’une telle arme. Car depuis 1938, les principes de la fission et de la réaction en chaîne sont très bien connus.
Le 16 décembre 1941, Roosevelt lance officiellement le projet Manhattan (dans le plus grand secret, cela va sans dire).
Le 2 décembre 1942, Fermi et son équipe mettent au point la première pile atomique. Certains pressentent déjà l’issue tragique d’une telle aventure scientifique ; ainsi Léo Szilard, physicien pourtant initiateur du projet, serre la main de son collègue italien en lui disant : « C’est un jour noir pour l’humanité. »
De là, tout s’accélère : le pôle le plus important et depuis emblématique s’ouvre à Los Alamos en mars 1943, sous la direction du physicien américain Robert Oppenheimer. Un millier de scientifiques s’installent dans ce complexe, parfois avec leur famille, et travaillent d’arrache-pied dans le plus grand secret. Le principal défi scientifique réside dans le dimensionnement des bombes, car celles-ci doivent être suffisamment peu volumineuses pour être larguées d’un avion.
L’équipe y arrivera en un temps record. Et ce pour les deux types d’engins explosifs assemblés à Los Alamos : celle à l’uranium et celle au plutonium. Un doute subsiste sur les capacités explosives de la seconde ; c’est elle, baptisée « Trinity », qui est utilisée le 16 juillet 1945, à Alamogordo, dans le désert de Jordana del Muerto, à environ 300 kilomètres de Los Alamos. La bombe à uranium, elle, sera directement larguée sur Hiroshima, trois semaines plus tard. Après l’utilisation de la bombe contre des populations civiles, certains contributeurs du projet manifestent des remords : Oppenheimer, Bethe… Cela n’empêchera pas certains plus tard de collaborer avec les militaires au développement de la bombe H.
Et, le 16 juillet 1945, à l'heure où leur entreprise se concrétise, rares sont les scientifiques qui regrettent. Dans un livre de conversations sur ses souvenirs de Los Alamos, Richard Feynman explique : "Après l'explosion, il y eut une formidable excitation à Los Alamos. Tout le monde faisait la fête (...) . Je me souviens que Bob Wilson était assis là et semblait broyer du noir. "A quoi penses-tu ?", lui ai-je demandé. "C'est terrible, ce que nous avons fait là ", a-t-il répondu."
Bob Wilson était-il le seul physicien de Los Alamos, au soir du 16 juillet 1945, à "broyer du noir" ? Pas loin, si l'on en croit Richard Feynman. "Ce qui nous est arrivé à tous est que nous avons commencé à faire quelque chose pour une bonne raison. Ensuite nous avons travaillé très dur pour y parvenir, avec plaisir, avec excitation. Et nous avons cessé de réfléchir. Bob Wilson était le seul qui continuait à réfléchir."
Article honteusement pompé sur celui du Monde, écrit par Jean-François Augereau et Stéphane Foucart, mais quand je l’ai lu je n’ai pas réfléchi, je sais que je me devais de le réécrire ici.
dimanche 17 juillet 2005
mercredi 13 juillet 2005
Désolé de n'avoir pas écrit depuis quelques temps, mais en ce moment je suis en pleine ébullition créatrice... Alors qu'en plus il fait super chaud ! Qu'est-ce que je peux détester la chaleur...
:o/
Sachez qu'aujourd'hui cela fait vingt ans (It was twenty years ago today... comme dans Sergent Pepper's) que le premier Live Aid a eu lieu au stade Wembley en Angleterre et au stade de Philadelphie. Bien sûr U2 en faisait parti. Le concert avait duré 16 heures, réuni la bagatelle de 100 millions de dollars pour la famine en Afrique. Que du bon.
A ce qu'il paraît, les deux concerts de samedi et dimanche dernier au Stade de France étaient exceptionnels... J'espère sincèrement que celui de Nice le sera tout autant... Mais j'y pense le moins possible, même s'il va être de plus en plus difficile d'en faire abstraction.
MàJ : en fait, je pense que le concert à Nice sera spécial parce que ce n'est pas loin de cette ville que le groupe enregistre ses albums... Ce ne sera pas (je l'espère) une simple étape de la tournée mondiale. On verra sur place.
:-/\ = Gyaaaaaaaah
:o/
Sachez qu'aujourd'hui cela fait vingt ans (It was twenty years ago today... comme dans Sergent Pepper's) que le premier Live Aid a eu lieu au stade Wembley en Angleterre et au stade de Philadelphie. Bien sûr U2 en faisait parti. Le concert avait duré 16 heures, réuni la bagatelle de 100 millions de dollars pour la famine en Afrique. Que du bon.
A ce qu'il paraît, les deux concerts de samedi et dimanche dernier au Stade de France étaient exceptionnels... J'espère sincèrement que celui de Nice le sera tout autant... Mais j'y pense le moins possible, même s'il va être de plus en plus difficile d'en faire abstraction.
MàJ : en fait, je pense que le concert à Nice sera spécial parce que ce n'est pas loin de cette ville que le groupe enregistre ses albums... Ce ne sera pas (je l'espère) une simple étape de la tournée mondiale. On verra sur place.
:-/\ = Gyaaaaaaaah
jeudi 7 juillet 2005
J'ai fait deux rêves troublants la semaine dernière, tous en rapport avec mes dents ! Je m'explique.
Je rêve que je soulève ma mâchoire inférieure face à la supérieure, et qu'elle force les dents de devant vers l'intérieur. Forcément il y a un rapport de force entre les deux mâchoires et c'est une lutte acharnée pour décrisper le tout... C'est une sensation atroce parce qu'à chaque fois je me réveille et j'ai l'impression que ça s'est vraiment passé.
Le second n'est pas mieux, car plus précis. En effet, le forçage se passe exclusivement sur mes canines de droite ! Je les frotte de plus en plus fort entre elles jusqu'à que des petits morceaux d'ivoire se détachent comme du placoplâtre de la canine supérieure !... Résultat (dans mon rêve), ma dent se retrouve creusée jusqu'à la racine. Impression abominable.
J'aimerais bien connaître la signification de ces songes étranges.
Je rêve que je soulève ma mâchoire inférieure face à la supérieure, et qu'elle force les dents de devant vers l'intérieur. Forcément il y a un rapport de force entre les deux mâchoires et c'est une lutte acharnée pour décrisper le tout... C'est une sensation atroce parce qu'à chaque fois je me réveille et j'ai l'impression que ça s'est vraiment passé.
Le second n'est pas mieux, car plus précis. En effet, le forçage se passe exclusivement sur mes canines de droite ! Je les frotte de plus en plus fort entre elles jusqu'à que des petits morceaux d'ivoire se détachent comme du placoplâtre de la canine supérieure !... Résultat (dans mon rêve), ma dent se retrouve creusée jusqu'à la racine. Impression abominable.
J'aimerais bien connaître la signification de ces songes étranges.
dimanche 3 juillet 2005
Lady Madonna - The Beatles
Lady Madonna, children at your feet
Wonder how you manage to make ends meet
Who finds the money ? When you pay the rent ?
Did you think that money was Heaven sent ?
Friday night arrives without a suitcase
Sunday morning creep in like a nun
Monday's child has learned to tie his bootlace
See how they run
Lady Madonna, baby at your breast
Wonder how you manage to feed the rest
See how they run
Lady Madonna, lying on the bed
Listen to the music playing in your head
Tuesday afternoon is never ending
Wednesday morning papers didn't come
Thursday night you stockings needed mending
See how they run
Lady Madonna, children at your feet
Wonder how you manage to make ends meet
Wonder how you manage to make ends meet
Who finds the money ? When you pay the rent ?
Did you think that money was Heaven sent ?
Friday night arrives without a suitcase
Sunday morning creep in like a nun
Monday's child has learned to tie his bootlace
See how they run
Lady Madonna, baby at your breast
Wonder how you manage to feed the rest
See how they run
Lady Madonna, lying on the bed
Listen to the music playing in your head
Tuesday afternoon is never ending
Wednesday morning papers didn't come
Thursday night you stockings needed mending
See how they run
Lady Madonna, children at your feet
Wonder how you manage to make ends meet
mercredi 29 juin 2005
Note :
« Les trucs collants sur les vitres du salon n’ont servi à rien, maman, y’a deux piafs qui se sont écrasés sur les fenêtres en moins de deux jours. »
En fait, nos nouvelles fenêtres attiraient inexplicablement les oiseaux, qui s’éclataient le bec dessus, même contre celle de ma chambre ! Parfois j’entends un « boum » contre ma vitre, et j’ai juste le temps de voir un moineau faire demi-tour. Un jour même, un pauvre oiseau était étendu sur la terrasse, complètement sonné ! Alors ma mère, ayant autant pitié des bêtes que peur de voir une de ses vitres rayée, a eu l’idée d’apposer des bidules collants (en forme de dauphin bleu…) pour faire croire à un obstacle.
Sauf qu’il y a deux jours, deux oiseaux ont foncé bec baissé sur les fenêtres, juste à côté d'un dauphin.
« Un gros phalène !! Miam miam, je vais me le *BaM !* »
« Les trucs collants sur les vitres du salon n’ont servi à rien, maman, y’a deux piafs qui se sont écrasés sur les fenêtres en moins de deux jours. »
En fait, nos nouvelles fenêtres attiraient inexplicablement les oiseaux, qui s’éclataient le bec dessus, même contre celle de ma chambre ! Parfois j’entends un « boum » contre ma vitre, et j’ai juste le temps de voir un moineau faire demi-tour. Un jour même, un pauvre oiseau était étendu sur la terrasse, complètement sonné ! Alors ma mère, ayant autant pitié des bêtes que peur de voir une de ses vitres rayée, a eu l’idée d’apposer des bidules collants (en forme de dauphin bleu…) pour faire croire à un obstacle.
Sauf qu’il y a deux jours, deux oiseaux ont foncé bec baissé sur les fenêtres, juste à côté d'un dauphin.
« Un gros phalène !! Miam miam, je vais me le *BaM !* »
samedi 25 juin 2005
Je supporte rarement la vue d’un insecte. En particulier ceux qui volent. Ici je vais tenter de vous illustrer le pourquoi de mon dégoût.
- les « Invisibles », les plus petits, peuvent se faufiler dans n’importe quel interstice, et c’est ça leur principal nuisance. Combien de fois je ne m’en suis pas pris dans l’œil, et qu’à force de me frotter les quidams pensaient que j’avais une conjonctivite ? Les éphémères sont les champions dans ce domaine : si ce n’est pas l’œil, c’est tout droit dans une narine, la bouche ou l’oreille. Quand c’est la narine, c’est rare de les retrouver scotchés à la morve lorsque l’on fouille avec le doigt, et je me demande alors ce qu’il leur est arrivé au plus profond de mes cavités nasales… Il y a certaines choses que l’on ne souhaite jamais savoir. Quand c’est la bouche, on a beau cracher, ce salopiaud reste bloqué on ne sait trop où, on le sent quelque part, mais pour le déloger c’est impossible. A ce moment-là il y a toujours un malin pour vous dire « ce n’est pas grave, ça te donnera des protéines ! ». Bon appétit bien sûr. Enfin, quand ils s’approchent de l’oreille, c’est toujours de manière furtive, accompagné de ce petit bruit strident très désagréable, ce bruit qui semble ne jamais vouloir partir. On a alors beau fouetter l’air alentour, ils reviennent toujours à la charge, à croire qu’ils prennent le trou d’oreille pour un garage d'aéroclub !
- les « Moyens-Vicelards » sont repérables à leur façon de voler : jamais en ligne droite, car leur plan de vol c’est de l’improvisation totale. Mais leur objectif final reste le même : vous et le sang si doux qui coule dans vos veines… Miam miam. Les moustiques sont les maîtres incontestés de cette catégorie. Plus casse-pieds, ça n’existe pas. Je ne compte plus les nuits où je me suis levé pour écraser impitoyablement l’un d’entre eux. Casus belli ? Passages intempestifs devant l’oreille avec réveils en sursaut, option cassage de figure du lit. Si le lieu d'impact du bâtard que vous avez écrasé est auréolé d’une tache rouge, il sera bientôt temps de vous gratter. Et quand ils ne se font pas repérer, c’est incroyable avec quelle sournoiserie réfléchie ces salauds s’infiltrent façon Solid Snake jusqu’aux endroits les plus chauds et tendres de l’anatomie… La spéléologie est un loisir dangereux, surtout sous les couettes. La pire surface de peau d’où ils peuvent extraire leur pitance est sans conteste l’aine. Pour un mec on a tendance à croire qu’il se gratte les cou....s en permanence (conseil : si votre homme vous sort ça comme excuse en plein hiver, c’est louche). Pour les filles il est commun que ces inconscients préfèrent festoyer sur leur postérieur, ce qu’il est difficile de cacher à la plage avec un maillot brésilien et une peau encore claire. Le truc qui me fait flipper c’est de penser à leur dard s’enfonçant dans l’épiderme, et qu’ils pompent la liqueur de vie sans permission. On est semblable à des champs de pétrole à ciel ouvert, pour eux. Pas de doute, les moustiques sont les pires.
- les « Moyens-Opportunistes », ce sont tous les insectes s’apparentant aux mouches : les vertes, bleues, à merde, les taons… Inratables, les mouches sont les plus fidèles copines de l’homme et de l’arrière-train des vaches. Les vertes et bleues de couleur flashy me lèvent le cœur, sachant qu’elles servent dans la criminologie à dater les cadavres selon leur ordre d’apparition, ou qu’elles aient pondu ou que leurs larves farfouillent déjà dans les chairs mortes. Je mets un point d’honneur à les virer de ma chambre, en espérant qu’il n’y ait pas de raison à leur visite impromptue. Elles sont vraiment répugnantes avec leur corps, leur bruit de ventilateur de poche, leur couleur… :-/ Les mouches domestiques sont aussi irritantes, elles restent en hauteur, dégueulassent le plafond ou le plancher avec leur minuscules crottes, polluent auditivement à cause de leur battements d’ailes incessants « Bzzzz »… Je me rappelle chez ma Mamie des concours d’éclatage de mouches à mains nues : « Ouais ! C’est ma quinzième ! » Qu’on les écrase sur les crêpes ou le beurre fondu, Mamie était contente. Quelle chouette époque… Aujourd’hui, rien en vaut la bonne tapette à mouches. C’est plus meurtrier pour ces nids à microbes volants, qui, atteintes par le plastique foudroyant, voient leurs abdomens exploser sous la violence du choc. Ce n’est pas très appétissant comme approche, mais quand on s’imagine où elles pouvaient être un quart d’heure plus tôt, on n’hésite plus : dégustant le besoin encore fumant d’un clébart, ou pire, s’abreuvant des gouttes de sueur perlant sur le crâne chauve de votre voisin(e)… Rien que d’y penser, ça fait rêver.
- les « Tankers » ou poids-lourds des insectes sont les plus évolués et plus appréciés. Les abeilles ne me posent plus de problèmes, de même que leurs cousines les guêpes : il suffit de ne pas les énerver. Les guêpes sont tout de même davantage virulentes car elles s’excitent plus vite. Mais le tanker le plus sympathique reste le bourdon. A chaque fois que j’en voie un, j’ai l’impression de voir au gros pataud qui vit sa vie tranquillement, seul dans son monde. C’est le summum de l’insecte moderne et du célibataire endurci. Je me demande comment ils font pour se reproduire et perpétuer l’espèce.
Bref, on retrouve chez les insectes volants certains caractères humains : les fouilleurs de merde, les pantouflards, les hétéroclites, les pervers, les risque-tout… On a quelques enseignements à en tirer, il faut juste réussir à les comprendre. Sacrées bestioles.
- les « Invisibles », les plus petits, peuvent se faufiler dans n’importe quel interstice, et c’est ça leur principal nuisance. Combien de fois je ne m’en suis pas pris dans l’œil, et qu’à force de me frotter les quidams pensaient que j’avais une conjonctivite ? Les éphémères sont les champions dans ce domaine : si ce n’est pas l’œil, c’est tout droit dans une narine, la bouche ou l’oreille. Quand c’est la narine, c’est rare de les retrouver scotchés à la morve lorsque l’on fouille avec le doigt, et je me demande alors ce qu’il leur est arrivé au plus profond de mes cavités nasales… Il y a certaines choses que l’on ne souhaite jamais savoir. Quand c’est la bouche, on a beau cracher, ce salopiaud reste bloqué on ne sait trop où, on le sent quelque part, mais pour le déloger c’est impossible. A ce moment-là il y a toujours un malin pour vous dire « ce n’est pas grave, ça te donnera des protéines ! ». Bon appétit bien sûr. Enfin, quand ils s’approchent de l’oreille, c’est toujours de manière furtive, accompagné de ce petit bruit strident très désagréable, ce bruit qui semble ne jamais vouloir partir. On a alors beau fouetter l’air alentour, ils reviennent toujours à la charge, à croire qu’ils prennent le trou d’oreille pour un garage d'aéroclub !
- les « Moyens-Vicelards » sont repérables à leur façon de voler : jamais en ligne droite, car leur plan de vol c’est de l’improvisation totale. Mais leur objectif final reste le même : vous et le sang si doux qui coule dans vos veines… Miam miam. Les moustiques sont les maîtres incontestés de cette catégorie. Plus casse-pieds, ça n’existe pas. Je ne compte plus les nuits où je me suis levé pour écraser impitoyablement l’un d’entre eux. Casus belli ? Passages intempestifs devant l’oreille avec réveils en sursaut, option cassage de figure du lit. Si le lieu d'impact du bâtard que vous avez écrasé est auréolé d’une tache rouge, il sera bientôt temps de vous gratter. Et quand ils ne se font pas repérer, c’est incroyable avec quelle sournoiserie réfléchie ces salauds s’infiltrent façon Solid Snake jusqu’aux endroits les plus chauds et tendres de l’anatomie… La spéléologie est un loisir dangereux, surtout sous les couettes. La pire surface de peau d’où ils peuvent extraire leur pitance est sans conteste l’aine. Pour un mec on a tendance à croire qu’il se gratte les cou....s en permanence (conseil : si votre homme vous sort ça comme excuse en plein hiver, c’est louche). Pour les filles il est commun que ces inconscients préfèrent festoyer sur leur postérieur, ce qu’il est difficile de cacher à la plage avec un maillot brésilien et une peau encore claire. Le truc qui me fait flipper c’est de penser à leur dard s’enfonçant dans l’épiderme, et qu’ils pompent la liqueur de vie sans permission. On est semblable à des champs de pétrole à ciel ouvert, pour eux. Pas de doute, les moustiques sont les pires.
- les « Moyens-Opportunistes », ce sont tous les insectes s’apparentant aux mouches : les vertes, bleues, à merde, les taons… Inratables, les mouches sont les plus fidèles copines de l’homme et de l’arrière-train des vaches. Les vertes et bleues de couleur flashy me lèvent le cœur, sachant qu’elles servent dans la criminologie à dater les cadavres selon leur ordre d’apparition, ou qu’elles aient pondu ou que leurs larves farfouillent déjà dans les chairs mortes. Je mets un point d’honneur à les virer de ma chambre, en espérant qu’il n’y ait pas de raison à leur visite impromptue. Elles sont vraiment répugnantes avec leur corps, leur bruit de ventilateur de poche, leur couleur… :-/ Les mouches domestiques sont aussi irritantes, elles restent en hauteur, dégueulassent le plafond ou le plancher avec leur minuscules crottes, polluent auditivement à cause de leur battements d’ailes incessants « Bzzzz »… Je me rappelle chez ma Mamie des concours d’éclatage de mouches à mains nues : « Ouais ! C’est ma quinzième ! » Qu’on les écrase sur les crêpes ou le beurre fondu, Mamie était contente. Quelle chouette époque… Aujourd’hui, rien en vaut la bonne tapette à mouches. C’est plus meurtrier pour ces nids à microbes volants, qui, atteintes par le plastique foudroyant, voient leurs abdomens exploser sous la violence du choc. Ce n’est pas très appétissant comme approche, mais quand on s’imagine où elles pouvaient être un quart d’heure plus tôt, on n’hésite plus : dégustant le besoin encore fumant d’un clébart, ou pire, s’abreuvant des gouttes de sueur perlant sur le crâne chauve de votre voisin(e)… Rien que d’y penser, ça fait rêver.
- les « Tankers » ou poids-lourds des insectes sont les plus évolués et plus appréciés. Les abeilles ne me posent plus de problèmes, de même que leurs cousines les guêpes : il suffit de ne pas les énerver. Les guêpes sont tout de même davantage virulentes car elles s’excitent plus vite. Mais le tanker le plus sympathique reste le bourdon. A chaque fois que j’en voie un, j’ai l’impression de voir au gros pataud qui vit sa vie tranquillement, seul dans son monde. C’est le summum de l’insecte moderne et du célibataire endurci. Je me demande comment ils font pour se reproduire et perpétuer l’espèce.
Bref, on retrouve chez les insectes volants certains caractères humains : les fouilleurs de merde, les pantouflards, les hétéroclites, les pervers, les risque-tout… On a quelques enseignements à en tirer, il faut juste réussir à les comprendre. Sacrées bestioles.
vendredi 24 juin 2005
Ce que vous allez lire est quasiment inédit en France : c’est la traduction française d’un épisode de Cowboy BeBop jamais diffusé ailleurs qu’au Japon : l’épisode XX Unreleased. Je m’étais déjà dit à l’époque (septembre 2004) que je devrais le traduire (il a un sous-titrage en anglais) pour mon plaisir, et puis pourquoi pas, que je diffuserais le contenu sur le journal ! Aujourd’hui, c’est enfin chose faite. Bon, la traduction est basique, digne de moi, j’ai tenté de reproduire le plus fidèlement possible l’atmosphère de la série (grande ambition). En particulier, chaque partie a un titre faisant référence à une chanson, comme c’était le cas pour les 26 épisodes de la série. Exemple : l’épisode 14 s’intitule Bohemian Rhapsody, du groupe Queen. J’ai réussi à trouver le groupe ou le chanteur de certaines d’entre elles. De plus j'ai marqué quel personnage parle pour toutes les parties, ce qui n'était pas le plus difficile, même pour du japonais. Last but not least, je tiens à remercier Stéphanie pour son aide précieuse à traduire des passages au-dessus de mes capacités (et maintenant pour m'avoir donné l'auteur de la chanson 15 !). Merci !
Voilà, maintenant je vous souhaite une bonne lecture, en espérant votre curiosité satisfaite (j’ai l’impression de parler à des centaines de personnes…). Et si certains passages vous semblent obscures, n’en tenez pas ombrage (c’est la faute à Stéphanie, hahaha ;-) j’plaisante), ce n’est qu’une traduction approximative.
Rien ne dure éternellement. Toute chose doit tirer sa révérence : c’est la tant redoutée loi de la nature. C’est un peu brusque comme annonce, mais aujourd’hui c’est le dernier épisode. Donc à cette occasion, j’aimerais rappeler toutes les choses qui se sont passées, et méditer là-dessus.
Partie 1 (Spike) : Food for Thoughts
La nourriture, c’est très important. Après tout, vous ressemblez à ce que vous mangez. Supposez qu’il existe un clone de moi, et qu’il n’ait jamais rien mangé d’autre que des hamburgers. Ce type et moi serions génétiquement les mêmes, mais nous serions des personnes complètement différentes. Le « Hamburger Spike » aurait un caractère davantage modéré que le mien… Ou bien serait le genre de gars qui va à l’église tous les dimanches. Il pourrait être un mec violent avec sa tête mise à prix. Ou un gars qui repasse ses chemises blanches avant de les enfiler. En tous points de vue, le « Hamburger Spike » est un individu différent de moi. En clair, quand vous choisirez ce que vous mangez, vous devrez bien y réfléchir.
Partie 2 (Jet) : Fools gold (The Stone Roses)
Il y a beaucoup à connaître d’un bonsaï. Il ne suffit pas juste de les tailler. Chaque bonsaï possède sa propre personnalité, et vous devez les laisser s’épanouir. Une personne stupide essayera de couper tout ce qui dépassera… Ils vont simplement couper, couper, et couper les branches qui dépasseront, alors que ces parties de l’arbre font toute sa personnalité et son originalité. Les personnes qui ne peuvent pas se figurer ça, ne devraient pas avoir le droit de tenir des ciseaux. J’ai de la peine pour le bonsaï.
Partie 3 (Faye) : Que sera sera
Je déteste les hommes qui ne pensent à rien. Mais je déteste les hommes qui forcent les autres à penser comme eux. Je déteste aussi les hommes qui ont de la pyorrhée. Il n’est pas pensable d’embrasser un homme si sa santé est mauvaise. J’aime les hommes dangereux. Mais… je dois les distinguer des hommes trop dangereux. Les hommes faibles ne m’attirent pas. J’aime les hommes qui connaissent leurs propres faiblesses. J’aime les hommes optimistes. Je ne peux m’imaginer essayer de prévoir à l’avance ce qu’il m’arrivera et en plus de vivre de manière pessimiste… La vie, probablement, ne s’embarrasse pas de savoir comment ça va mal tourner ou si ça va mal tourner.
Partie 4 (Ed) : You Can’t Always Get What You Want.
Ici Ed ! L’espace est très grand. Ed voyage pour trouver la vérité sur l’espace. Quand je marche pieds-nus, je me sens comme électrifiée. L’océan numérique est tellement vaste, il y a beaucoup de poissons. Quand je pose quelque chose sur ma tête, je deviens excitée. Quand je crois qu’il y a une vérité et que je la cherche, je n’arrive pas à la trouver… Mais quand je pense qu’il n’y a pas de vérité, je ne la trouve pas non plus. Je n’arrive pas à me procurer ce que je veux, mais je réussis à obtenir ce dont j’ai besoin.
Partie 5 (Spike) : Key of Life (Stevie Wonder)
Les humains vivent grâce à leurs battements de cœur. Un battement est une répétition systématique. En d’autres mots, un rythme. C’est vrai, quoique vous fassiez, le rythme est tout ce qu’il y a de primordial : quand vous marchez, mangez, faites l’amour, parlez… Le rythme est essentiel.
Partie 6 (Ed) : Doggy Dogg World
Wouaf Wouaf !! (Ein)
Hé . Hé ho Ein, pourquoi es-tu si poilu ? Je sais ! Parce que tu es sensible au froid ! Hé Ein. Tout d’abord Ein, pourquoi ris-tu si peu ? Oh, c’est parce que tu es nihiliste. Hé Ein. Après tout Ein, pourquoi es-tu si heureux ? Tu as raison. Parce que Ed est heureuse, vrai ?
Partie 7 (Jet) : Walk this Way (Aerosmith)
« Le plus grand respect qu’un écrivain puisse donner à ses lecteurs est d’écrire quelque chose auquel ils ne s’attendaient pas. » C’est ce que Goethe affirmait. Il a également dit ceci : « Que ce soit un ouvrage humain ou naturel, ce à quoi l’on doit particulièrement prêter attention est l’intention originelle. » Ce type a dit de sacrées bonnes choses… Qui se serait attendu à ce que je quitte mon métier de flic et que je devienne un chasseur de primes ? Tous mes vieux amis sont étonnés… Ils disent : « Tu as complètement trahi mes conceptions. » Mais au fond c’est bien. Je voulais faire quelque chose que personne n’aurait pensé voir venir de ma part. Voir des choses que vous n’avez jamais vu… Ecouter des histoires que vous n’avez jamais entendues… Mes anciens collègues sont assez envieux.
Partie 8 (Faye) : Natural Woman (Aretha Franklin)
Je déteste la simplicité. Je déteste aussi l’hygiène excessive. Etre au moins un petit peu sale, faire de ta maison et du monde des endroits plus faciles à vivre… Ils disent qu’ « une peau blanche dissimule sept imperfections », mais je déteste me cacher. Des marques… Des taches de rousseur… Qui a-t-il de mal à cela ? Si chacun avait la même peau, le même visage, vous ne pourriez dire qui vous êtes. Je ne sais pas moi-même ce à quoi les miennes correspondent. C’est pourquoi… je ne peux pas effacer ces indices. Ils sont tous des témoignages de ma vie, vous comprenez.
Partie 9 (Spike) : Instant Karma ! (John Lennon)
Laughing Bull parle : « Swimming Bird, sais-tu de quoi ton corps est composé ? » Je parle : « Je ne sais pas. Probablement d’une quelconque fiente d’oiseau roulant çà et là. » Bull parle : « Swimming Bird, sais-tu de quoi ton âme est composé ? » Je parle : « Je ne sais pas. Probablement d’un nuage de poussière voltigeant çà et là. » Bull parle : « Ces réponses sont fausses ; mais pourtant vraies. Ton corps est connecté avec l’univers ; comme il ne l’est pas. Ton âme comprend l’univers en entier ; comme elle ne le fait pas. Cela est pareil pour moi comme pour tout un chacun. Si tu détestes quelqu’un, tu te détestes en tant que tel. Si tu aimes quelqu’un, tu t’aimes en tant que tel. » Je parle : « Je ne ressens rien pour qui que ce soit. » Bull parle : « C’est… le plus terrible malheur sur cette terre. »
Partie 10 (Spike) : Sugar Mountain (Neil Young)
Si vous donnez à un bébé uniquement des sucreries, il vous criera qu’il ne voudra que cela, et il ne mangera pas les aliments nutritifs qui lui sont vitaux. Les choses comme les bonbons sont du poison après tout. Maintenant il ne faut pas croire que j’encadre seulement le domaine de la nourriture. Le monde est rempli de douceurs. Si vous ne consommez que ce genre de trucs, votre cerveau va pourrir et devenir du yaourt.
Partie 11 (Jet) : Chain of Fools (Aretha Franklin)
Eh bien vous voyez, la cuisine est un tout. Ce n’est pas aussi facile que de rajouter par-ci par-là des arômes. Une personne insensée rajoutera trop de goût et servira un plat où vous ne pourrez pas dire si c’est du poulet ou du bœuf. Ce genre d’individu ne devrait pas utiliser de wok (NdY : ustensile de cuisine asiatique, sorte de poêle profonde qui sert à faire revenir les aliments à feu vif). La saveur d’origine des ingrédients… Autrement dit, si c’est du bœuf, alors vous devez cuisiner en laissant le bœuf cuire tel qu’il doit être cuit. Sinon la viande sera immangeable.
Partie 12 (Faye) : Do it Yourself
« Ne comptes pas sur les autres et débrouilles-toi toute seule ». Je ne sais pas qui m'a appris ça mais j'y ai longtemps cru. Ce n'est pourtant pas aussi simple. Je ne voudrais pas qu'on compte sur moi car je ne serais pas capable de m'en sortir. Et même si c'était le cas, je me demanderais : « Etait-ce réellement pour leur bien ?... » A la fin, tu dois saisir ta propre chance.
Partie 13 (Spike) : If 6 was 9 (Jimi Hendrix)
Douter de tout ce que vous acceptez de croire… C’est très important. Une information reste une information, après tout. Si vous pensez que ce que la télé débite comme infos est la vérité, vous vous fourvoyez gravement. Ouvrez vos propres yeux, débouchez vos oreilles, et regardez et écoutez le monde qui vous entoure… Et surtout pensez à utiliser votre propre cerveau. Après que vous ayez douté de tout, il y a une possibilité de réel en ce que vous pouvez croire. C’est comme ça : pour croire en quelque chose, doutez de tout !
Partie 14 (Jet) : Amazing Grace (chantée par Elvis, Louis Armstrong, Ray Charles…)
Le bon côté des choses dans la chasse à primes, c’est qu’il n’y a pas de règles. Pour attraper les personnes fichées il n’y a pas écrit « Fais ceci » dans ton existence. Mais si tu les brusques un peu, elles vont commencer à se plaindre ou à devenir mauvaises et à dire que c’est contre les règles. Elles sont pourtant supposées vivre en suivant les règles établies ! Mais qui a conçu ces principes ? Ce n’est pas comme si nous étions nés pour obéir à quelqu’un. Qu’elles soient menacées ou corrompues, nos âmes ne sont pas à vendre. Malheureusement, l’âme freelance est une antiquité. Ah bon ? Et ce cœur-là alors ? Désolé mais c’est à un prix trop élevé pour l’acheter.
(Ed)
Une leçon, une leçon… Si on rencontre un étranger, suivons-le !
Partie 15 (Ed) : My Favourite Things (John Coltrane)
Ed n’a pas eu à souffrir de quoi que ce soit. Peut-être ai-je souffert, mais je ne m’en rappelle pas du tout. Si vous me demandez pourquoi, c’est parce que j’ai seulement fait des choses qui semblaient amusantes. De même que pour les choses ennuyantes, je trouve quelque chose d’un peu amusant en elles et ça m’excite. Mais si c’est trop ennuyeux, je vais dormir. Quand je dors, c’est rigolo de se retourner tout en rêvant. La fin.
Partie 16 (Spike) : Unfinished Sympathy (une excellente chanson de Massive Attack !)
Bruce Lee a dit ceci : « Vide ton esprit, évacue l’image physique que tu gardes de toi et sois comme l’eau. Si tu déposes de l’eau dans une coupe, l’eau devient la coupe. Si tu déposes de l’eau dans une tasse de thé, l’eau devient la tasse de thé. L’eau peut s’écouler ou elle peut violemment s’abattre. C’est pourquoi, mon ami, sois comme l’eau. » Comme prévu, mon cœur d’apprenti ne pouvait s’exprimer différemment. Il a également dit ceci : « Ce que j’enseigne n’est pas du self-défense ou comment vaincre des adversaires ou d’autres choses comme ça… Mais plutôt, comment s’affranchir soi-même par ses mouvements, que ce soit par la colère, la détermination ou n’importe quoi d’autre. Autrement dit, une méthode d’expression du corps humain en l’utilisant pour le combat. » Vous ne pourrez plus dire que Bruce Lee était juste une star de cinéma ou un artiste des arts martiaux, n’est-ce pas ?
Partie 17 (Jet) : Public Pressure
S’il existe un Dieu sur cette planète, j’aimerais lui demander un souhait : un châtiment divin à tous ceux qui restreignent la liberté.
Partie 18 (Faye) : Whole Lotta Love (Led Zeppelin)
Je pense souvent que je n'obtiens pas tout ce que je voudrais avec cette personnalité. Je pense souvent que comme ça les mecs biens vont partir en courant. Mais c'est ce que je suis donc je ne peux pas être aidée. Si je change, quelqu'un dira : « Même si je ressemble à ça je suis vraiment une femme d'intérieur. » Peu importe. Même si ça ne me mènera à rien de bien. A la fin... c'est dur... Simplement je vais regretter... Moi... ça devra être quelqu'un qui m'aimera pour moi-même. Bien, je pense qu'il faudra être solide pour être avec moi mais... il y a probablement un homme assez malchanceux sur terre...
Partie 19 (Jet) : Wild Style
Plus d’un siècle auparavant il y avait un joueur de saxophone appelé Charlie Parker. Il semble qu’il fut le premier homme à jouer sans utiliser de partitions. En d’autres termes, il était fatigué de jouer la même chose et commença à improviser : à jouer dans son propre style. La musique auquel il contribua s’appelle le Bebop. Oui, c’est vrai, c’est l’origine du nom du vaisseau.
Partie 20 (Spike) : Daydream Believer (The Monkees)
Nous dormons tous tant que nous sommes réveillés et sommes réveillés pendant que nous dormons. Le passé est-il la réalité ? Est-ce que les souvenirs sont la vérité ? Les rêves sont-ils des rêves ? Les rêves que nous faisons pendant que nous sommes endormis ; les rêves que nous faisons alors que nous sommes réveillés : il n’y a pas de différence entre les deux. Les personnes qui disent qu’elles ne rêvent pas ne font seulement qu’oublier. Et les personnes sans rêves ne s’en aperçoivent tout bonnement pas. Ce sont des lâches. Ils veulent les voir, mais ils se sont simplement eux-mêmes forcer à ne pas les voir.
Partie 21 (Spike) : Hang on to yourself (David Bowie)
Et c’est juste une illusion. Contrôlée par une main invisible, la vérité est toujours couverte par une épaisse bâche. Mais tout comme les lunes de Titan, elle existe discrètement. Eventuellement elle se montre d’elle-même après que la tempête de sable soit tombée.
Partie 22 (Spike) : Look Back in Anger
Donc… Arrêtons de passer notre colère sur de tels plaisirs simples. Ce n’est pas une blague. Encore moins une fiction. Ou alors, aurais-je encore fait un mauvais rêve ?
Partie 23 (Jet) : Tangled up in Blue (Bob Dylan)
Un chanteur de blues, quelque part, fut amené à dire ceci après qu’on lui avait demandé la définition du blues… « Le blues est… chanté à propos d’un certain genre de problème qui ne peut être résolu. »
Partie 24 : It’s all over now, Baby Blue (Joan Baez)
CE N’EST PAS LA FIN.
UN DE CES JOURS VOUS VERREZ LE VERITABLE « COWBOY BEBOP » !
Voilà, maintenant je vous souhaite une bonne lecture, en espérant votre curiosité satisfaite (j’ai l’impression de parler à des centaines de personnes…). Et si certains passages vous semblent obscures, n’en tenez pas ombrage (c’est la faute à Stéphanie, hahaha ;-) j’plaisante), ce n’est qu’une traduction approximative.
Rien ne dure éternellement. Toute chose doit tirer sa révérence : c’est la tant redoutée loi de la nature. C’est un peu brusque comme annonce, mais aujourd’hui c’est le dernier épisode. Donc à cette occasion, j’aimerais rappeler toutes les choses qui se sont passées, et méditer là-dessus.
Partie 1 (Spike) : Food for Thoughts
La nourriture, c’est très important. Après tout, vous ressemblez à ce que vous mangez. Supposez qu’il existe un clone de moi, et qu’il n’ait jamais rien mangé d’autre que des hamburgers. Ce type et moi serions génétiquement les mêmes, mais nous serions des personnes complètement différentes. Le « Hamburger Spike » aurait un caractère davantage modéré que le mien… Ou bien serait le genre de gars qui va à l’église tous les dimanches. Il pourrait être un mec violent avec sa tête mise à prix. Ou un gars qui repasse ses chemises blanches avant de les enfiler. En tous points de vue, le « Hamburger Spike » est un individu différent de moi. En clair, quand vous choisirez ce que vous mangez, vous devrez bien y réfléchir.
Partie 2 (Jet) : Fools gold (The Stone Roses)
Il y a beaucoup à connaître d’un bonsaï. Il ne suffit pas juste de les tailler. Chaque bonsaï possède sa propre personnalité, et vous devez les laisser s’épanouir. Une personne stupide essayera de couper tout ce qui dépassera… Ils vont simplement couper, couper, et couper les branches qui dépasseront, alors que ces parties de l’arbre font toute sa personnalité et son originalité. Les personnes qui ne peuvent pas se figurer ça, ne devraient pas avoir le droit de tenir des ciseaux. J’ai de la peine pour le bonsaï.
Partie 3 (Faye) : Que sera sera
Je déteste les hommes qui ne pensent à rien. Mais je déteste les hommes qui forcent les autres à penser comme eux. Je déteste aussi les hommes qui ont de la pyorrhée. Il n’est pas pensable d’embrasser un homme si sa santé est mauvaise. J’aime les hommes dangereux. Mais… je dois les distinguer des hommes trop dangereux. Les hommes faibles ne m’attirent pas. J’aime les hommes qui connaissent leurs propres faiblesses. J’aime les hommes optimistes. Je ne peux m’imaginer essayer de prévoir à l’avance ce qu’il m’arrivera et en plus de vivre de manière pessimiste… La vie, probablement, ne s’embarrasse pas de savoir comment ça va mal tourner ou si ça va mal tourner.
Partie 4 (Ed) : You Can’t Always Get What You Want.
Ici Ed ! L’espace est très grand. Ed voyage pour trouver la vérité sur l’espace. Quand je marche pieds-nus, je me sens comme électrifiée. L’océan numérique est tellement vaste, il y a beaucoup de poissons. Quand je pose quelque chose sur ma tête, je deviens excitée. Quand je crois qu’il y a une vérité et que je la cherche, je n’arrive pas à la trouver… Mais quand je pense qu’il n’y a pas de vérité, je ne la trouve pas non plus. Je n’arrive pas à me procurer ce que je veux, mais je réussis à obtenir ce dont j’ai besoin.
Partie 5 (Spike) : Key of Life (Stevie Wonder)
Les humains vivent grâce à leurs battements de cœur. Un battement est une répétition systématique. En d’autres mots, un rythme. C’est vrai, quoique vous fassiez, le rythme est tout ce qu’il y a de primordial : quand vous marchez, mangez, faites l’amour, parlez… Le rythme est essentiel.
Partie 6 (Ed) : Doggy Dogg World
Wouaf Wouaf !! (Ein)
Hé . Hé ho Ein, pourquoi es-tu si poilu ? Je sais ! Parce que tu es sensible au froid ! Hé Ein. Tout d’abord Ein, pourquoi ris-tu si peu ? Oh, c’est parce que tu es nihiliste. Hé Ein. Après tout Ein, pourquoi es-tu si heureux ? Tu as raison. Parce que Ed est heureuse, vrai ?
Partie 7 (Jet) : Walk this Way (Aerosmith)
« Le plus grand respect qu’un écrivain puisse donner à ses lecteurs est d’écrire quelque chose auquel ils ne s’attendaient pas. » C’est ce que Goethe affirmait. Il a également dit ceci : « Que ce soit un ouvrage humain ou naturel, ce à quoi l’on doit particulièrement prêter attention est l’intention originelle. » Ce type a dit de sacrées bonnes choses… Qui se serait attendu à ce que je quitte mon métier de flic et que je devienne un chasseur de primes ? Tous mes vieux amis sont étonnés… Ils disent : « Tu as complètement trahi mes conceptions. » Mais au fond c’est bien. Je voulais faire quelque chose que personne n’aurait pensé voir venir de ma part. Voir des choses que vous n’avez jamais vu… Ecouter des histoires que vous n’avez jamais entendues… Mes anciens collègues sont assez envieux.
Partie 8 (Faye) : Natural Woman (Aretha Franklin)
Je déteste la simplicité. Je déteste aussi l’hygiène excessive. Etre au moins un petit peu sale, faire de ta maison et du monde des endroits plus faciles à vivre… Ils disent qu’ « une peau blanche dissimule sept imperfections », mais je déteste me cacher. Des marques… Des taches de rousseur… Qui a-t-il de mal à cela ? Si chacun avait la même peau, le même visage, vous ne pourriez dire qui vous êtes. Je ne sais pas moi-même ce à quoi les miennes correspondent. C’est pourquoi… je ne peux pas effacer ces indices. Ils sont tous des témoignages de ma vie, vous comprenez.
Partie 9 (Spike) : Instant Karma ! (John Lennon)
Laughing Bull parle : « Swimming Bird, sais-tu de quoi ton corps est composé ? » Je parle : « Je ne sais pas. Probablement d’une quelconque fiente d’oiseau roulant çà et là. » Bull parle : « Swimming Bird, sais-tu de quoi ton âme est composé ? » Je parle : « Je ne sais pas. Probablement d’un nuage de poussière voltigeant çà et là. » Bull parle : « Ces réponses sont fausses ; mais pourtant vraies. Ton corps est connecté avec l’univers ; comme il ne l’est pas. Ton âme comprend l’univers en entier ; comme elle ne le fait pas. Cela est pareil pour moi comme pour tout un chacun. Si tu détestes quelqu’un, tu te détestes en tant que tel. Si tu aimes quelqu’un, tu t’aimes en tant que tel. » Je parle : « Je ne ressens rien pour qui que ce soit. » Bull parle : « C’est… le plus terrible malheur sur cette terre. »
Partie 10 (Spike) : Sugar Mountain (Neil Young)
Si vous donnez à un bébé uniquement des sucreries, il vous criera qu’il ne voudra que cela, et il ne mangera pas les aliments nutritifs qui lui sont vitaux. Les choses comme les bonbons sont du poison après tout. Maintenant il ne faut pas croire que j’encadre seulement le domaine de la nourriture. Le monde est rempli de douceurs. Si vous ne consommez que ce genre de trucs, votre cerveau va pourrir et devenir du yaourt.
Partie 11 (Jet) : Chain of Fools (Aretha Franklin)
Eh bien vous voyez, la cuisine est un tout. Ce n’est pas aussi facile que de rajouter par-ci par-là des arômes. Une personne insensée rajoutera trop de goût et servira un plat où vous ne pourrez pas dire si c’est du poulet ou du bœuf. Ce genre d’individu ne devrait pas utiliser de wok (NdY : ustensile de cuisine asiatique, sorte de poêle profonde qui sert à faire revenir les aliments à feu vif). La saveur d’origine des ingrédients… Autrement dit, si c’est du bœuf, alors vous devez cuisiner en laissant le bœuf cuire tel qu’il doit être cuit. Sinon la viande sera immangeable.
Partie 12 (Faye) : Do it Yourself
« Ne comptes pas sur les autres et débrouilles-toi toute seule ». Je ne sais pas qui m'a appris ça mais j'y ai longtemps cru. Ce n'est pourtant pas aussi simple. Je ne voudrais pas qu'on compte sur moi car je ne serais pas capable de m'en sortir. Et même si c'était le cas, je me demanderais : « Etait-ce réellement pour leur bien ?... » A la fin, tu dois saisir ta propre chance.
Partie 13 (Spike) : If 6 was 9 (Jimi Hendrix)
Douter de tout ce que vous acceptez de croire… C’est très important. Une information reste une information, après tout. Si vous pensez que ce que la télé débite comme infos est la vérité, vous vous fourvoyez gravement. Ouvrez vos propres yeux, débouchez vos oreilles, et regardez et écoutez le monde qui vous entoure… Et surtout pensez à utiliser votre propre cerveau. Après que vous ayez douté de tout, il y a une possibilité de réel en ce que vous pouvez croire. C’est comme ça : pour croire en quelque chose, doutez de tout !
Partie 14 (Jet) : Amazing Grace (chantée par Elvis, Louis Armstrong, Ray Charles…)
Le bon côté des choses dans la chasse à primes, c’est qu’il n’y a pas de règles. Pour attraper les personnes fichées il n’y a pas écrit « Fais ceci » dans ton existence. Mais si tu les brusques un peu, elles vont commencer à se plaindre ou à devenir mauvaises et à dire que c’est contre les règles. Elles sont pourtant supposées vivre en suivant les règles établies ! Mais qui a conçu ces principes ? Ce n’est pas comme si nous étions nés pour obéir à quelqu’un. Qu’elles soient menacées ou corrompues, nos âmes ne sont pas à vendre. Malheureusement, l’âme freelance est une antiquité. Ah bon ? Et ce cœur-là alors ? Désolé mais c’est à un prix trop élevé pour l’acheter.
(Ed)
Une leçon, une leçon… Si on rencontre un étranger, suivons-le !
Partie 15 (Ed) : My Favourite Things (John Coltrane)
Ed n’a pas eu à souffrir de quoi que ce soit. Peut-être ai-je souffert, mais je ne m’en rappelle pas du tout. Si vous me demandez pourquoi, c’est parce que j’ai seulement fait des choses qui semblaient amusantes. De même que pour les choses ennuyantes, je trouve quelque chose d’un peu amusant en elles et ça m’excite. Mais si c’est trop ennuyeux, je vais dormir. Quand je dors, c’est rigolo de se retourner tout en rêvant. La fin.
Partie 16 (Spike) : Unfinished Sympathy (une excellente chanson de Massive Attack !)
Bruce Lee a dit ceci : « Vide ton esprit, évacue l’image physique que tu gardes de toi et sois comme l’eau. Si tu déposes de l’eau dans une coupe, l’eau devient la coupe. Si tu déposes de l’eau dans une tasse de thé, l’eau devient la tasse de thé. L’eau peut s’écouler ou elle peut violemment s’abattre. C’est pourquoi, mon ami, sois comme l’eau. » Comme prévu, mon cœur d’apprenti ne pouvait s’exprimer différemment. Il a également dit ceci : « Ce que j’enseigne n’est pas du self-défense ou comment vaincre des adversaires ou d’autres choses comme ça… Mais plutôt, comment s’affranchir soi-même par ses mouvements, que ce soit par la colère, la détermination ou n’importe quoi d’autre. Autrement dit, une méthode d’expression du corps humain en l’utilisant pour le combat. » Vous ne pourrez plus dire que Bruce Lee était juste une star de cinéma ou un artiste des arts martiaux, n’est-ce pas ?
Partie 17 (Jet) : Public Pressure
S’il existe un Dieu sur cette planète, j’aimerais lui demander un souhait : un châtiment divin à tous ceux qui restreignent la liberté.
Partie 18 (Faye) : Whole Lotta Love (Led Zeppelin)
Je pense souvent que je n'obtiens pas tout ce que je voudrais avec cette personnalité. Je pense souvent que comme ça les mecs biens vont partir en courant. Mais c'est ce que je suis donc je ne peux pas être aidée. Si je change, quelqu'un dira : « Même si je ressemble à ça je suis vraiment une femme d'intérieur. » Peu importe. Même si ça ne me mènera à rien de bien. A la fin... c'est dur... Simplement je vais regretter... Moi... ça devra être quelqu'un qui m'aimera pour moi-même. Bien, je pense qu'il faudra être solide pour être avec moi mais... il y a probablement un homme assez malchanceux sur terre...
Partie 19 (Jet) : Wild Style
Plus d’un siècle auparavant il y avait un joueur de saxophone appelé Charlie Parker. Il semble qu’il fut le premier homme à jouer sans utiliser de partitions. En d’autres termes, il était fatigué de jouer la même chose et commença à improviser : à jouer dans son propre style. La musique auquel il contribua s’appelle le Bebop. Oui, c’est vrai, c’est l’origine du nom du vaisseau.
Partie 20 (Spike) : Daydream Believer (The Monkees)
Nous dormons tous tant que nous sommes réveillés et sommes réveillés pendant que nous dormons. Le passé est-il la réalité ? Est-ce que les souvenirs sont la vérité ? Les rêves sont-ils des rêves ? Les rêves que nous faisons pendant que nous sommes endormis ; les rêves que nous faisons alors que nous sommes réveillés : il n’y a pas de différence entre les deux. Les personnes qui disent qu’elles ne rêvent pas ne font seulement qu’oublier. Et les personnes sans rêves ne s’en aperçoivent tout bonnement pas. Ce sont des lâches. Ils veulent les voir, mais ils se sont simplement eux-mêmes forcer à ne pas les voir.
Partie 21 (Spike) : Hang on to yourself (David Bowie)
Et c’est juste une illusion. Contrôlée par une main invisible, la vérité est toujours couverte par une épaisse bâche. Mais tout comme les lunes de Titan, elle existe discrètement. Eventuellement elle se montre d’elle-même après que la tempête de sable soit tombée.
Partie 22 (Spike) : Look Back in Anger
Donc… Arrêtons de passer notre colère sur de tels plaisirs simples. Ce n’est pas une blague. Encore moins une fiction. Ou alors, aurais-je encore fait un mauvais rêve ?
Partie 23 (Jet) : Tangled up in Blue (Bob Dylan)
Un chanteur de blues, quelque part, fut amené à dire ceci après qu’on lui avait demandé la définition du blues… « Le blues est… chanté à propos d’un certain genre de problème qui ne peut être résolu. »
Partie 24 : It’s all over now, Baby Blue (Joan Baez)
CE N’EST PAS LA FIN.
UN DE CES JOURS VOUS VERREZ LE VERITABLE « COWBOY BEBOP » !
mardi 21 juin 2005
J-42
Fête de la zik ! Le jour le plus long de l’année ! Mon dernier cours de Jujitsu de la saison !
Mes parents sont partis pendant plus de deux semaines et demi, à partir de mercredi matin. Je soupire de soulagement. « Elle » commençait à me casser les candies. D’un autre côté, je me retrouve en colocation avec mon frère, ce qui signifie en gros : ronchonnements perpétuels, silences prolongés, explications d’événements sportifs sans intérêt (sauf en ce qui concerne l’Olympique Lyonnais) et surtout jurons et râlages à tout va. En ce moment c’est Wimbledon (le grand chelem de tennis de Londres), et comme les matchs intéressants ne passent que sur Canal+… Il râle, z’avez deviné. Attention, le Tour de France commence le 2 juillet … Trois semaines de plus rivé à l’écran. Chacun son truc, me direz-vous.
Bref, aujourd’hui ça commençait par la remise des ceintures au Jujitsu. Pour ma pomme, ce fut la orange, second palier sur l’échelle des grades. Avec tous les gosses qui criaient, piaillaient, hurlaient, gambadaient, hé bien je n’ai pas entendu un traître mot de ce que le président a conclu sur l’année écoulée. Néanmoins j’ai vu son visage s’illuminer pendant un moment, il devait sûrement parler du nouveau Dojo de Plug’ flambant neuf et le changement radical que ça va donner : 200m² contre 80 actuellement (à peu près), ventilation, chauffage pour l’hiver, pom-pom girls, salle d’assemblée personnelle… Donc la dernière séance n’en était pas vraiment une, il s’agissait d’une démonstration de ce que les différentes tranches d’âge savaient exécuter : le genre de truc agaçant qu’on est obligé de faire… Dans la mezzanine nous servant de surface, tous les adhérents et parents se tassaient tant bien que mal aux bords et autour des tapis. L’aération étant limitée à deux ouvertures dignes de Guantanamo, la température grimpa en flèche, chaleur tournante, laisser au four une heure pour cuisson à point.
L’alignement des adhérents se fait selon l’importance du grade : étant le seul ceinturé jaune « adulte », je me retrouvais entouré de Télétubbies interloqués, mais qui comprirent rapidement ma situation quand je leur expliquais. Ce n’est pas comme certains mioches collégiens qui me charriaient autant qu’ils le pouvaient (un p’tit jeu à nous), car de couleur supérieure à la mienne. La démo se poursuivait (les tout petits se télescopant entre eux pendant leurs roulades avant, séquence très drôle) et quand vint le tour des adultes… Passage à la casserole, comme on dit. Avec un partenaire, moi et lui montrions 12 techniques imposées à vitesse ralentie, faisant une pause toutes les trois prises pour laisser deux autres couples exécuter les mêmes à vitesse réelle (que je suis capable de faire, hein !). Pendant une technique je soulevais mon partenaire (d’un volume plus conséquent que le mien…) au ralenti, et il s’écrasait à terre. Les petits poussaient des exclamations admiratives devant mon aisance à soulever le bonhomme… Une technique suivante consistait à retourner l’autre personne sur le ventre en lui prenant le bras pour le tordre. Toujours au ralenti, je le retourne, lui saisis la manche, et je regarde les petits en face de moi avec un sourire en coin tout en tordant lentement le bras… Vives réactions des petiots à voix basse : « Woah, ça doit faire trop mal, ça ! », « Purée, j’ai hâte d’apprendre ça !… » A la fin de ma démo, les p’tits charrieurs faisaient la fine bouche et ne pipaient plus un mot.
Arriva la remise des ceintures. A un gamin qui n’était pas en tenue je donnais ma jaune car ils n’en avaient pas assez. Je ne fus pas appeler pour la remise de la orange, Philippe voulait sûrement qu’elle me soit remise en même temps que ceux de ma catégorie d’âge. Sans ceinture autour de la taille, j’attendais mon tour. Quand les adultes furent invités à s’avancer, ils m’oublièrent ! Je tentais de capter un regard, rien n’y fit. Les petits ne comprenaient pas non plus, mais je ne savais que leur répondre ; ils se contentèrent d’un haussement d’épaules. Les adultes saluèrent après un temps incroyablement long, furent applaudis et retournèrent se mettre à genoux. Mon entraîneur s’avança, et me vit sans ceinture. « Oh, c’est pas vrai ! » s’exclama-t-il, les mains sur la tête, et je lui lançais un sourire mi-figue mi-raisin. Il expliqua à l’ensemble que chaque année il en oubliait un, cette fois c’était moi ! :-) Votre serviteur, toujours là pour se faire remarquer. J’ai donc eu droit à une remise de ceinture et des applaudissements personnels !
On a enchaîné plus tard avec le restaurant « Maghreb », dans une ruelle en face de la gare : décor très sympa, accueil chaleureux, service longuet et addition salée ! Pour le couscous j’ai abusé de l’harissa, j’avais aussi chaud à l’intérieur de ma bouche que sur mon front… Il n’y a beaucoup de plats épicés à la maison, faut bien en profiter quelque part ! Je m’en gavais donc, le bidon rempli autant qu’il le souhaitait. On en est sorti vers minuit passé, et le temps que je ramène mon derrière dans le centre-ville jonché de cadavres, il était la demie.
Au niveau du Café des Arts, impossible de louper la touffe blonde d’Irin, qui poussait un cri suraigu pour exprimer sa joie (éméchée) de me voir. Elle me racontait avoir vu Glen et Isa, Matt et Manon. Désolé, mes pérégrinations ne m’ont pas permis de vous trouver. Après des allers-retours infructueux entre la place Saint-Corentin et le Café des Arts en espérant apercevoir une connaissance ou qu’une autre me fasse signe ;-), je retournais à la voiture, rue de la Fontaine. Passant en voiture devant l’hôpital, j’aperçus un truc bouger le long du trottoir ; je pensais à un rat qui s’enfuyait. Il s’agissait en fait d’un furet…
On voit de ces trucs…
Fête de la zik ! Le jour le plus long de l’année ! Mon dernier cours de Jujitsu de la saison !
Mes parents sont partis pendant plus de deux semaines et demi, à partir de mercredi matin. Je soupire de soulagement. « Elle » commençait à me casser les candies. D’un autre côté, je me retrouve en colocation avec mon frère, ce qui signifie en gros : ronchonnements perpétuels, silences prolongés, explications d’événements sportifs sans intérêt (sauf en ce qui concerne l’Olympique Lyonnais) et surtout jurons et râlages à tout va. En ce moment c’est Wimbledon (le grand chelem de tennis de Londres), et comme les matchs intéressants ne passent que sur Canal+… Il râle, z’avez deviné. Attention, le Tour de France commence le 2 juillet … Trois semaines de plus rivé à l’écran. Chacun son truc, me direz-vous.
Bref, aujourd’hui ça commençait par la remise des ceintures au Jujitsu. Pour ma pomme, ce fut la orange, second palier sur l’échelle des grades. Avec tous les gosses qui criaient, piaillaient, hurlaient, gambadaient, hé bien je n’ai pas entendu un traître mot de ce que le président a conclu sur l’année écoulée. Néanmoins j’ai vu son visage s’illuminer pendant un moment, il devait sûrement parler du nouveau Dojo de Plug’ flambant neuf et le changement radical que ça va donner : 200m² contre 80 actuellement (à peu près), ventilation, chauffage pour l’hiver, pom-pom girls, salle d’assemblée personnelle… Donc la dernière séance n’en était pas vraiment une, il s’agissait d’une démonstration de ce que les différentes tranches d’âge savaient exécuter : le genre de truc agaçant qu’on est obligé de faire… Dans la mezzanine nous servant de surface, tous les adhérents et parents se tassaient tant bien que mal aux bords et autour des tapis. L’aération étant limitée à deux ouvertures dignes de Guantanamo, la température grimpa en flèche, chaleur tournante, laisser au four une heure pour cuisson à point.
L’alignement des adhérents se fait selon l’importance du grade : étant le seul ceinturé jaune « adulte », je me retrouvais entouré de Télétubbies interloqués, mais qui comprirent rapidement ma situation quand je leur expliquais. Ce n’est pas comme certains mioches collégiens qui me charriaient autant qu’ils le pouvaient (un p’tit jeu à nous), car de couleur supérieure à la mienne. La démo se poursuivait (les tout petits se télescopant entre eux pendant leurs roulades avant, séquence très drôle) et quand vint le tour des adultes… Passage à la casserole, comme on dit. Avec un partenaire, moi et lui montrions 12 techniques imposées à vitesse ralentie, faisant une pause toutes les trois prises pour laisser deux autres couples exécuter les mêmes à vitesse réelle (que je suis capable de faire, hein !). Pendant une technique je soulevais mon partenaire (d’un volume plus conséquent que le mien…) au ralenti, et il s’écrasait à terre. Les petits poussaient des exclamations admiratives devant mon aisance à soulever le bonhomme… Une technique suivante consistait à retourner l’autre personne sur le ventre en lui prenant le bras pour le tordre. Toujours au ralenti, je le retourne, lui saisis la manche, et je regarde les petits en face de moi avec un sourire en coin tout en tordant lentement le bras… Vives réactions des petiots à voix basse : « Woah, ça doit faire trop mal, ça ! », « Purée, j’ai hâte d’apprendre ça !… » A la fin de ma démo, les p’tits charrieurs faisaient la fine bouche et ne pipaient plus un mot.
Arriva la remise des ceintures. A un gamin qui n’était pas en tenue je donnais ma jaune car ils n’en avaient pas assez. Je ne fus pas appeler pour la remise de la orange, Philippe voulait sûrement qu’elle me soit remise en même temps que ceux de ma catégorie d’âge. Sans ceinture autour de la taille, j’attendais mon tour. Quand les adultes furent invités à s’avancer, ils m’oublièrent ! Je tentais de capter un regard, rien n’y fit. Les petits ne comprenaient pas non plus, mais je ne savais que leur répondre ; ils se contentèrent d’un haussement d’épaules. Les adultes saluèrent après un temps incroyablement long, furent applaudis et retournèrent se mettre à genoux. Mon entraîneur s’avança, et me vit sans ceinture. « Oh, c’est pas vrai ! » s’exclama-t-il, les mains sur la tête, et je lui lançais un sourire mi-figue mi-raisin. Il expliqua à l’ensemble que chaque année il en oubliait un, cette fois c’était moi ! :-) Votre serviteur, toujours là pour se faire remarquer. J’ai donc eu droit à une remise de ceinture et des applaudissements personnels !
On a enchaîné plus tard avec le restaurant « Maghreb », dans une ruelle en face de la gare : décor très sympa, accueil chaleureux, service longuet et addition salée ! Pour le couscous j’ai abusé de l’harissa, j’avais aussi chaud à l’intérieur de ma bouche que sur mon front… Il n’y a beaucoup de plats épicés à la maison, faut bien en profiter quelque part ! Je m’en gavais donc, le bidon rempli autant qu’il le souhaitait. On en est sorti vers minuit passé, et le temps que je ramène mon derrière dans le centre-ville jonché de cadavres, il était la demie.
Au niveau du Café des Arts, impossible de louper la touffe blonde d’Irin, qui poussait un cri suraigu pour exprimer sa joie (éméchée) de me voir. Elle me racontait avoir vu Glen et Isa, Matt et Manon. Désolé, mes pérégrinations ne m’ont pas permis de vous trouver. Après des allers-retours infructueux entre la place Saint-Corentin et le Café des Arts en espérant apercevoir une connaissance ou qu’une autre me fasse signe ;-), je retournais à la voiture, rue de la Fontaine. Passant en voiture devant l’hôpital, j’aperçus un truc bouger le long du trottoir ; je pensais à un rat qui s’enfuyait. Il s’agissait en fait d’un furet…
On voit de ces trucs…
lundi 13 juin 2005
(Une heure, quelque part entre dimanche et lundi)
J’écris sur cette feuille de papier. Ma plume file doucement de gauche à droite, laissant le sillon d’encre se faire absorber par la cellulose. Je n’ai que ma lampe de bureau d’allumée. Ce bureau est couvert de paperasses, de livres, de vêtements, bref, il est foutrement en bordel, et j’ai le sourire qui vient aux lèvres à cette vision.
Derrière moi, ma fenêtre est close, le volet descendu. Il suffit que je ferme les yeux pour savoir qu’il fait nuit, le ciel est dégagé, constellé de points clignotants. Il me suffit de fermer les yeux, et la Voie Lactée m’entraîne dans ses champs d’étoiles, dans le froid sidéral. Cette fraîcheur, je ne la ressens pas. Il me suffit de fermer les yeux, et je caresse doucement la surface de la galaxie, les étoiles me chatouillant la paume comme je l’aurais ressenti avec des épis de blé. Je nage dans cette mer de poussière interstellaire. Je vois ma planète de l’espace, éclairée de profil par le soleil (si tant est qu’une sphère possède un profil), et je me dis que c’est une des manifestations les plus belles que Dame Nature puisse m’offrir, et ma vue se brouille.
C’est l’instant de la journée où je me sens le mieux, où j’ai le droit d’oublier qui je suis, pourquoi je salis cette page de mes hiéroglyphes, à ne pas me soucier de ce que demain sera fait.
On renaît sans cesse. La nuit consacre à la purification absolue de nos corps, de nos esprits. Je sais que demain matin, en traînant des pieds dans le salon tout en me battant pour avoir le journal, je ne serais plus dans l’état d’esprit dans lequel je m’inspire maintenant, grâce auquel je rédige ces lignes. Je sais que demain matin, lorsque je relirais ce texte, il me restera un vague souvenir de cet instant, mais qu’il me faudra l’abandonner pour lui permettre de prendre tout son sens.
J’aime le noir de la nuit, car il nous jette à la figure notre solitude psychique et provoque un face-à-face avec soi. C’est le seul instant vrai de la journée, celui où l’éclairage diurne s’efface, celui où apparaît les aspérités et le contact rugueux de notre conscience : l’instant de la libération créatrice. Le matin, je dois malheureusement le révéler, le sommeil a fait le lavage, rinçage, séchage, repassage et archivage de nos pensées. C’est trop net.
Le brut de la nuit m’attire davantage. Là sortent les meilleurs concepts, les réflexions les plus abouties. La fatigue est un frein. Un moment il faut savoir aussi s’arrêter. Je n’aimerais pas être insomniaque.
La nuit, toutes les idées sont de sortie.
J’écris sur cette feuille de papier. Ma plume file doucement de gauche à droite, laissant le sillon d’encre se faire absorber par la cellulose. Je n’ai que ma lampe de bureau d’allumée. Ce bureau est couvert de paperasses, de livres, de vêtements, bref, il est foutrement en bordel, et j’ai le sourire qui vient aux lèvres à cette vision.
Derrière moi, ma fenêtre est close, le volet descendu. Il suffit que je ferme les yeux pour savoir qu’il fait nuit, le ciel est dégagé, constellé de points clignotants. Il me suffit de fermer les yeux, et la Voie Lactée m’entraîne dans ses champs d’étoiles, dans le froid sidéral. Cette fraîcheur, je ne la ressens pas. Il me suffit de fermer les yeux, et je caresse doucement la surface de la galaxie, les étoiles me chatouillant la paume comme je l’aurais ressenti avec des épis de blé. Je nage dans cette mer de poussière interstellaire. Je vois ma planète de l’espace, éclairée de profil par le soleil (si tant est qu’une sphère possède un profil), et je me dis que c’est une des manifestations les plus belles que Dame Nature puisse m’offrir, et ma vue se brouille.
C’est l’instant de la journée où je me sens le mieux, où j’ai le droit d’oublier qui je suis, pourquoi je salis cette page de mes hiéroglyphes, à ne pas me soucier de ce que demain sera fait.
On renaît sans cesse. La nuit consacre à la purification absolue de nos corps, de nos esprits. Je sais que demain matin, en traînant des pieds dans le salon tout en me battant pour avoir le journal, je ne serais plus dans l’état d’esprit dans lequel je m’inspire maintenant, grâce auquel je rédige ces lignes. Je sais que demain matin, lorsque je relirais ce texte, il me restera un vague souvenir de cet instant, mais qu’il me faudra l’abandonner pour lui permettre de prendre tout son sens.
J’aime le noir de la nuit, car il nous jette à la figure notre solitude psychique et provoque un face-à-face avec soi. C’est le seul instant vrai de la journée, celui où l’éclairage diurne s’efface, celui où apparaît les aspérités et le contact rugueux de notre conscience : l’instant de la libération créatrice. Le matin, je dois malheureusement le révéler, le sommeil a fait le lavage, rinçage, séchage, repassage et archivage de nos pensées. C’est trop net.
Le brut de la nuit m’attire davantage. Là sortent les meilleurs concepts, les réflexions les plus abouties. La fatigue est un frein. Un moment il faut savoir aussi s’arrêter. Je n’aimerais pas être insomniaque.
La nuit, toutes les idées sont de sortie.
Oui, ce journal électronique recèle de textes qui sont malgré tout ma propriété. Si vous souhaitez en utiliser un, contactez-moi grâce à l'adresse suivante : sacred.fire.blogspot@gmail.com
Merci !
Yohann ©®™☺☼♥♫≈(2003-2009)
Merci !
Yohann ©®™☺☼♥♫≈(2003-2009)
