Il est minuit passé, je n'ai pas envoyé de message à mes parents pour savoir s'ils étaient bien arrivés chez mon frère, à Villejuif, après un voyage en train. Faut-il que je culpabilise davantage en pensant que j'étais content de les larguer à la gare de Quimper ? Je ne crois pas, non. J'ai quatre jours de paix devant moi.
Me suis pris une tablette de chocolat au lait péruvienne avec de vraies noisettes bio et entières, issue non seulement de l'agriculture biologique mais du commerce équitable. L'AlterÉcomètre© (le sigle copyright n'est pas une plaisanterie) m'indique la comparaison des bénéfices retirés, tant humains que coopératifs, d'avec le marché conventionnel. Quelle n'est pas ma surprise de découvrir que mon empreinte carbone s'élève à hauteur de 273 grammes. Le malaise qui en résulte me pousse à déchirer l'aluminium qui enveloppe la tablette elle aussi alter éco de chocolat noir aux copeaux d'orange.
Pour le 1er-Mai, et non pour le 1er mai, c'est-à-dire aujourd'hui à l'heure où j'écrivais ces lignes, j'ai bien envie de me faire un marathon « Seigneur des Anneaux », au lieu de me martyriser les mollets à faire mon petit tour de protestation le long de l'Odet qui ne débouche sur rien sauf sur Bénodet. Oh, celle-ci est fine.
lundi 4 mai 2009
vendredi 1 mai 2009
Heroes - David Bowie
I, I will be king
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can beat them, just for one day
We can be heroes, just for one day
And you, you can be mean
And I, I'll drink all the time
'Cause we're lovers, and that is a fact
Yes we're lovers, and that is that
Though nothing, will keep us together
We could steal time, just for one day
We can be heroes, for ever and ever
What'd you say?
I, I wish you could swim
Like the dolphins, like dolphins can swim
Though nothing, nothing will keep us together
We can beat them, for ever and ever
Oh we can be heroes, just for one day
I, I will be king
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can be heroes, just for one day
We can be us, just for one day
I, I can remember (I remember)
Standing, by the wall (by the wall)
And the guns, shot above our heads (over our heads)
And we kissed, as though nothing could fall (nothing could fall)
And the shame, was on the other side
Oh we can beat them, for ever and ever
Then we could be heroes, just for one day
We can be heroes
We can be heroes
We can be heroes
Just for one day
We can be heroes
We're nothing, and nothing will help us
Maybe we're lying, then you better not stay
But we could be safer, just for one day
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can beat them, just for one day
We can be heroes, just for one day
And you, you can be mean
And I, I'll drink all the time
'Cause we're lovers, and that is a fact
Yes we're lovers, and that is that
Though nothing, will keep us together
We could steal time, just for one day
We can be heroes, for ever and ever
What'd you say?
I, I wish you could swim
Like the dolphins, like dolphins can swim
Though nothing, nothing will keep us together
We can beat them, for ever and ever
Oh we can be heroes, just for one day
I, I will be king
And you, you will be queen
Though nothing will drive them away
We can be heroes, just for one day
We can be us, just for one day
I, I can remember (I remember)
Standing, by the wall (by the wall)
And the guns, shot above our heads (over our heads)
And we kissed, as though nothing could fall (nothing could fall)
And the shame, was on the other side
Oh we can beat them, for ever and ever
Then we could be heroes, just for one day
We can be heroes
We can be heroes
We can be heroes
Just for one day
We can be heroes
We're nothing, and nothing will help us
Maybe we're lying, then you better not stay
But we could be safer, just for one day
jeudi 23 avril 2009
En bref
Pas de délit de diffamation religieuse dans le texte final de Durban II. Il n'aurait plus manqué que ça pour tuer la liberté d'expression.
Arrivée prochaine de la concurrence du transport ferroviaire. Maintenant, les pannes et retards deviendront internationaux.
L'exposition "Our body" est interdite par la justice. Le corps humain plus tabou que jamais. S'il s'agit vraiment de condamnés chinois, je suis prêt à donner mon corps pour compenser.
J'aimerais être toujours un poète de l'enfance que reste, année après année, Miyazaki, qui le prouve encore une fois avec son chef-d'œuvre d'anime qu'est Ponyo sur la falaise.
*
Arrivée prochaine de la concurrence du transport ferroviaire. Maintenant, les pannes et retards deviendront internationaux.
*
L'exposition "Our body" est interdite par la justice. Le corps humain plus tabou que jamais. S'il s'agit vraiment de condamnés chinois, je suis prêt à donner mon corps pour compenser.
*
J'aimerais être toujours un poète de l'enfance que reste, année après année, Miyazaki, qui le prouve encore une fois avec son chef-d'œuvre d'anime qu'est Ponyo sur la falaise.
samedi 4 avril 2009
La maison était en travaux le mois dernier : pose de lambris dans le salon. Sachant pertinemment qu'il n'y aurait aucune bibliothèque, j'ai écrit sur les tasseaux les incipit de différents livres. Petit pied-de-nez culturel. Les voici dans l'ordre.
« J'avais été fait prisonnier par la Milice fasciste le 13 décembre 1943. »Si c'est un homme ; Primo Levi
« Lorsque j'avais six ans j'ai vu, une fois, une magnifique image, dans un livre sur la Forêt Vierge qui s'appelait « Histoires Vécues ». »Le Petit Prince ; Antoine de Saint-Exupéry
« Trois cardinaux, un rabbin, un amiral franc-maçon, un trio d'insignifiants politicards soumis au bon plaisir d'un trust anglo-saxon, ont fait savoir à la population par radio, puis par placards, qu'on risquait la mort par inanition. »La Disparition ; Georges Pérec
« Madame Vauquer, née de Conflans, est une vieille femme qui, depuis quarante ans, tient à Paris une pension bourgeoise établie rue Neuve-Sainte-Geneviève, entre le quartier latin et le faubourg Saint-Marceau. »Le Père Goriot ; Honoré de Balzac
« J'ai connu Dean peu de temps après qu'on ait rompu ma femme et moi. »Sur la route ; Jack Kerouac
« Longtemps, je me suis couché de bonne heure. »Du côté de chez Swann ; Marcel Proust
« Quand M. Bilbon Sacquet, de Cul-de-Sac, annonça qu'il donnerait à l'occasion de son undécante-unième anniversaire une réception d'une magnificence particulière, une grande excitation régna dans Hobbitebourg, et toute la ville en parla. »Le Seigneur des anneaux ; John Ronald Reuel Tolkien
« Aujourd'hui, maman est morte. »L'Étranger ; Albert Camus
« À quelques milles au sud de Soledad, la Salinas descend tout contre le flanc de la colline et coule, profonde et verte. »Des souris et des hommes ; John Steinbeck
« Tcheng tenterait-il de lever la moustiquaire ? »La Condition humaine ; André Malraux
« Inspiré par mon génie, je vais chanter les êtres et les corps qui ont été revêtus de formes nouvelles, et qui ont subi des changements divers. »Les Métamorphoses ; Ovide
« Alexis Fédorovitch Karamazov était le troisième fils d'un propriétaire terrien de notre district, Fédor Pavlovitch Karamazov, si connu de son temps (et dont, même aujourd'hui, on évoque encore le souvenir) par sa fin tragique et ténébreuse survenue il y a exactement treize ans et dont je parlerai en temps voulu. »Les Frères Karamazov ; Fédor Dostoïevski
« Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé. »Zazie dans le métro ; Raymond Queneau
« Il était une fois un vieil homme, tout seul dans son bateau qui pêchait au milieu du Gulf Stream. »Le Vieil Homme et la mer ; Ernest Hemingway
« Ça a débuté comme ça. »Voyage au bout de la nuit ; Louis-Ferdinand Céline
« Sur le grand paquebot qui à minuit devait quitter New York à destination de Buenos Aires, régnait le va-et-vient habituel du dernier moment. »Le Joueur d'échecs ; Stefan Zweig
« Je m'appelle Ishmaël. »Moby Dick ; Herman Melville
« Le sentier décrivait tant de lacets que je pensais atteindre bientôt le col du mont Amagi. »La Danseuse d'Izu ; Yasunari Kawabata
« Persuadé qu'il est permis de louer un homme qui n'est plus, puisque la mort écarte de nous tout motif, tout soupçon même de flatterie, je ne craindrai pas de payer ici un juste tribut d'éloges à mon ami Cosimo Rucellai, dont je ne puis me rappeler le nom sans verser des larmes. »L'Art de la guerre ; Nicolas Machiavel
« Le Maître dit : « N'est-ce pas une joie d'étudier, puis, le moment venu, de mettre en pratique ce que l'on a appris ? » »Les Entretiens de Confucius
mercredi 1 avril 2009
Grève...
du poisson d'avril.
Service minimum (déjà, il y a une faute : on doit dire service minimal, NdYoyo) du poisson d'avril : j'ai fini mon recueil !
Service minimum (déjà, il y a une faute : on doit dire service minimal, NdYoyo) du poisson d'avril : j'ai fini mon recueil !
mardi 31 mars 2009
jeudi 26 mars 2009
Le Canard enchaîné, édition du 25 mars 2009
Tous droits réservés
Rubrique « minimares »
Nico-Las Sark-Ozy a multiplié les fautes de français, cette semaine, lors de ses interventions publiques (« Le Parisien », 22/3). Exemples : « Si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts » ou « On se demande c'est à quoi ça leur a servi ». Sark-Ô serait bien avisé de lire enfin « La Princesse de Clèves »...
Tous droits réservés
Rubrique « minimares »
Nico-Las Sark-Ozy a multiplié les fautes de français, cette semaine, lors de ses interventions publiques (« Le Parisien », 22/3). Exemples : « Si y en a que ça les démange d'augmenter les impôts » ou « On se demande c'est à quoi ça leur a servi ». Sark-Ô serait bien avisé de lire enfin « La Princesse de Clèves »...
mardi 24 mars 2009
Quoi ? Comment cela peut-il être possible ? Je pars une semaine en région parisienne et quand je reviens, je remarque qu'il y a plus d'un mois que je n'ai rien écrit ??
Mais il y a plus que du laisser-aller !
Et ce n'est pas vraiment très malin, à quelques jours du sixième anniversaire (mais le texte prévu est depuis longtemps dans les tuyaux).
Donc, oui, j'ai passé une semaine environ sur Paris. Chez mon frère, le chauffage est toujours aussi haut, à tout instant de l'année, m'asséchant comme un abricot. Je ne suis pas allé à la grande manif' de jeudi. J'attends le premier jour de mai, là, ça frappera fort.
Le Salon du Livre de Paris : énorme. Je suis reparti avec quelques ouvrages, on s'en doute (Cervantès, Gogol, Dante).
Et puis le long week-end chez les G., à Marly-le-Roi, dans une immense maison, avec un sous-sol dédié aux livres (pas seulement cet endroit) et au billard de précision, des toilettes au rez-de-chaussée contenant des dessins originaux et dédicacés de Paul Valéry, Jean Cocteau, Delaunay fils... Le père de la vieille et charmante dame faisait partie de leur cercle. Je le dis juste pour vous montrer à quel point ce couple était intellectuel (et le monsieur qui a fait X). Par contre, pour ce qui était de faire la cuisine...
Week-end intense, en définitive.
Mais il y a plus que du laisser-aller !
Et ce n'est pas vraiment très malin, à quelques jours du sixième anniversaire (mais le texte prévu est depuis longtemps dans les tuyaux).
Donc, oui, j'ai passé une semaine environ sur Paris. Chez mon frère, le chauffage est toujours aussi haut, à tout instant de l'année, m'asséchant comme un abricot. Je ne suis pas allé à la grande manif' de jeudi. J'attends le premier jour de mai, là, ça frappera fort.
Le Salon du Livre de Paris : énorme. Je suis reparti avec quelques ouvrages, on s'en doute (Cervantès, Gogol, Dante).
Et puis le long week-end chez les G., à Marly-le-Roi, dans une immense maison, avec un sous-sol dédié aux livres (pas seulement cet endroit) et au billard de précision, des toilettes au rez-de-chaussée contenant des dessins originaux et dédicacés de Paul Valéry, Jean Cocteau, Delaunay fils... Le père de la vieille et charmante dame faisait partie de leur cercle. Je le dis juste pour vous montrer à quel point ce couple était intellectuel (et le monsieur qui a fait X). Par contre, pour ce qui était de faire la cuisine...
Week-end intense, en définitive.
jeudi 19 février 2009
Impression, mirettes chatoyantes
(Texte rédigé vers la fin novembre 2005 ; le style, les fautes et la naïveté sont d'origine.)
Il ne faut pas croire que le regard se borne aux yeux. Il est nécessaire de prendre en compte l'atmosphère qui s'en dégage. Elle est composée d'une myriade de paramètres qui, combinés à l'instant du contact visuel, nous permet de différencier un échange d'une dimension inoubliable d'un coup d’œil bovin.
Peu importe ma vie. Ce que je veux relater ici, ce sont deux regards que la même fille m'a jeté ce matin. Je ne la connais pas, et c'est une considération essentielle à retenir, afin d’envelopper cette anecdote d'une légère sensualité vraie.
Nous avions juste une seule matière en commun dans la semaine, néanmoins il ne me fallut pas plus de deux secondes le premier jour pour qu'elle éclipse les autres filles. Le professeur avait comme habitude de faire ses cours dans une classe plongée dans la pénombre, parce que pour le compléter, il utilisait de nombreuses diapositives montrant des œuvres d'art.
La salle se remplissait, je me plaçais en bout de table à gauche. La fille s'installa trois rangées devant moi. Elle est dans l'ombre partielle d'un rideau, moi dans la lumière blafarde d’une fenêtre.
Elle s'assoit, puis elle va tâcher d'enlever son manteau la protégeant du froid. D’un geste fluide elle se retourne pour poser ce vêtement sur le dossier de sa chaise. Sans précipitation, elle en débarrasse ses épaules (nues, car en dessous son pull en laine noir à grosses mailles a un col large) et dans la continuité du mouvement, sa tête pivote, et elle braque ses yeux dans les miens. Je n'ai pas bougé dans ma contemplation alors qu'elle se déshabillait, et il n'y avait aucun voyeurisme dans mon regard. Je sais qu'elle le sut puisqu’il n'y eut pas une trace d'indifférence dans ce qu'elle me raconta.
J'avais mes yeux plongés dans les siens, pourtant l'image que j'en garde est ce visage blanc, le cou et les épaules dénudés pudiquement sans trop le paraître, l'ensemble entouré des teintes sombres de ses cheveux et de son habit.
Elle décrocha un instant trop tard qu'il ne fallait pour un coup d’œil de circonstance. Les émotions qui m'assaillirent me tourmentèrent toute la première heure. Cette énergie passionnelle inconsciente que m'avait transmis cette fille à travers son regard... Extraordinaire. Je ne sais pas si j'eus le coup de foudre, mais j'avais dû mettre mes doigts dans une prise électrique pour avoir une telle chair de poule. Cette volupté secrète et irrésistible qui s'en dégageait n'aurait pu laisser un homme de marbre.
Quand je levais la tête pour écouter le professeur décrire les esquisses du Bernin ou les colonnades jumelles de la façade Est du Louvre, ce que je voyais d'abord était sa nuque douce et opaline subjuguant l'obscurité. Ce n'était pas obsessionnel, j'étais simplement marqué. Aucune chance d’obliquer. Un traumatisme oculaire.
Le professeur décréta une pause. Je n'en attendais pas moins pour respirer. J'en profitais également pour discuter et m'aérer un peu l'esprit. La salle débouche dans un couloir menant à un espace de circulation agrandi. Je patiente dans cet endroit avant la reprise. Pas question pour moi d'aller me geler dehors et d'en plus subir les émanations goudronneuses d'autrui.
J'en viens à évoquer avec un ami la demoiselle m'ayant irradié de par en par, et j'expliquais donc son positionnement à grands renforts de gestes lorsque je m'aperçois qu'elle est à moins de trois mètres en compagnie de deux de ses amies.
Elle m'a regardé, la tête légèrement penchée en avant, un sourire flottant sur les lèvres. A la lumière du jour, tout se métamorphose, et son charme, que je croyais déjà avoir vu atteindre le sommet de l'Everest, transperça la stratosphère.
Ce sourire, de nature si subtile, s'accordait tellement merveilleusement avec ce regard et ce visage que j'en suis resté bouche bée, ébahi. Je réengageais difficilement mon attention vers mon ami, et riais ensuite aux éclats pour me libérer de cette torpeur.
Les yeux et par extension le regard sont les indices les plus authentiques sur la personnalité, l'état d'esprit et physique de quiconque. Le regard ne ment pas, que vous soyez comédien ou mythomane dans l'âme. De même qu’une femme dite fatale joue constamment de ses atouts. Elle use du faux en permanence et ne peut pas être digne de confiance sur ses intentions. Tandis que cette fille devant moi était naturelle, et contrairement aux femmes séductrices, ce fut l'inconscience d'être ce qu'elle était qui m'a touché.
Et, au-delà, ce regard mi-amusé mi-subjectif m'a permis de commencer à connaître cette fille, sans jamais lui avoir adressé la parole.
Il ne faut pas croire que le regard se borne aux yeux. Il est nécessaire de prendre en compte l'atmosphère qui s'en dégage. Elle est composée d'une myriade de paramètres qui, combinés à l'instant du contact visuel, nous permet de différencier un échange d'une dimension inoubliable d'un coup d’œil bovin.
Peu importe ma vie. Ce que je veux relater ici, ce sont deux regards que la même fille m'a jeté ce matin. Je ne la connais pas, et c'est une considération essentielle à retenir, afin d’envelopper cette anecdote d'une légère sensualité vraie.
Nous avions juste une seule matière en commun dans la semaine, néanmoins il ne me fallut pas plus de deux secondes le premier jour pour qu'elle éclipse les autres filles. Le professeur avait comme habitude de faire ses cours dans une classe plongée dans la pénombre, parce que pour le compléter, il utilisait de nombreuses diapositives montrant des œuvres d'art.
La salle se remplissait, je me plaçais en bout de table à gauche. La fille s'installa trois rangées devant moi. Elle est dans l'ombre partielle d'un rideau, moi dans la lumière blafarde d’une fenêtre.
Elle s'assoit, puis elle va tâcher d'enlever son manteau la protégeant du froid. D’un geste fluide elle se retourne pour poser ce vêtement sur le dossier de sa chaise. Sans précipitation, elle en débarrasse ses épaules (nues, car en dessous son pull en laine noir à grosses mailles a un col large) et dans la continuité du mouvement, sa tête pivote, et elle braque ses yeux dans les miens. Je n'ai pas bougé dans ma contemplation alors qu'elle se déshabillait, et il n'y avait aucun voyeurisme dans mon regard. Je sais qu'elle le sut puisqu’il n'y eut pas une trace d'indifférence dans ce qu'elle me raconta.
J'avais mes yeux plongés dans les siens, pourtant l'image que j'en garde est ce visage blanc, le cou et les épaules dénudés pudiquement sans trop le paraître, l'ensemble entouré des teintes sombres de ses cheveux et de son habit.
Elle décrocha un instant trop tard qu'il ne fallait pour un coup d’œil de circonstance. Les émotions qui m'assaillirent me tourmentèrent toute la première heure. Cette énergie passionnelle inconsciente que m'avait transmis cette fille à travers son regard... Extraordinaire. Je ne sais pas si j'eus le coup de foudre, mais j'avais dû mettre mes doigts dans une prise électrique pour avoir une telle chair de poule. Cette volupté secrète et irrésistible qui s'en dégageait n'aurait pu laisser un homme de marbre.
Quand je levais la tête pour écouter le professeur décrire les esquisses du Bernin ou les colonnades jumelles de la façade Est du Louvre, ce que je voyais d'abord était sa nuque douce et opaline subjuguant l'obscurité. Ce n'était pas obsessionnel, j'étais simplement marqué. Aucune chance d’obliquer. Un traumatisme oculaire.
Le professeur décréta une pause. Je n'en attendais pas moins pour respirer. J'en profitais également pour discuter et m'aérer un peu l'esprit. La salle débouche dans un couloir menant à un espace de circulation agrandi. Je patiente dans cet endroit avant la reprise. Pas question pour moi d'aller me geler dehors et d'en plus subir les émanations goudronneuses d'autrui.
J'en viens à évoquer avec un ami la demoiselle m'ayant irradié de par en par, et j'expliquais donc son positionnement à grands renforts de gestes lorsque je m'aperçois qu'elle est à moins de trois mètres en compagnie de deux de ses amies.
Elle m'a regardé, la tête légèrement penchée en avant, un sourire flottant sur les lèvres. A la lumière du jour, tout se métamorphose, et son charme, que je croyais déjà avoir vu atteindre le sommet de l'Everest, transperça la stratosphère.
Ce sourire, de nature si subtile, s'accordait tellement merveilleusement avec ce regard et ce visage que j'en suis resté bouche bée, ébahi. Je réengageais difficilement mon attention vers mon ami, et riais ensuite aux éclats pour me libérer de cette torpeur.
Les yeux et par extension le regard sont les indices les plus authentiques sur la personnalité, l'état d'esprit et physique de quiconque. Le regard ne ment pas, que vous soyez comédien ou mythomane dans l'âme. De même qu’une femme dite fatale joue constamment de ses atouts. Elle use du faux en permanence et ne peut pas être digne de confiance sur ses intentions. Tandis que cette fille devant moi était naturelle, et contrairement aux femmes séductrices, ce fut l'inconscience d'être ce qu'elle était qui m'a touché.
Et, au-delà, ce regard mi-amusé mi-subjectif m'a permis de commencer à connaître cette fille, sans jamais lui avoir adressé la parole.
Oui, ce journal électronique recèle de textes qui sont malgré tout ma propriété. Si vous souhaitez en utiliser un, contactez-moi grâce à l'adresse suivante : sacred.fire.blogspot@gmail.com
Merci !
Yohann ©®™☺☼♥♫≈(2003-2009)
Merci !
Yohann ©®™☺☼♥♫≈(2003-2009)
